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Tout commence au printemps dernier. En juin, cette femme de 79 ans perd son mari après des années de vie commune. La maison de l’avenue de la Mairie, trop chargée de souvenirs, est mise en vente. C’est précisément à ce moment-là que tout bascule.
Dès septembre, des individus commencent à s’introduire dans la propriété à la nuit tombée : coups contre les volets, sonnette actionnée, disparition sans se montrer. La septuagénaire pensait avoir réglé le problème lors d’une première confrontation. Les visites ont repris, encore et encore.
Une vingtaine de nuits brisées
Le phénomène ne suit aucun rythme prévisible, c’est peut-être ce qui le rend encore plus éprouvant. Plusieurs nuits consécutives, puis un silence, puis une reprise. Parfois au cœur de la nuit, parfois aux premières heures du matin. En tout, une vingtaine de nuits ont été perturbées depuis l’automne, laissant la victime dans un état d’épuisement permanent.
Dans un premier temps, ses enfants ont douté. Le deuil récent, l’isolement soudain… Ils ont craint que leur mère, fragilisée, ne soit victime de son imagination. Jusqu’au jour où ils ont disposé des objets lourds devant les fenêtres, dans un ordre précis. Le lendemain matin, après une nouvelle nuit d’intrusion, les objets avaient été déplacés. Le doute n’était plus permis.
Barricadée chaque soir
Depuis, le rituel du coucher est devenu celui de la survie. Avant d’aller dormir, la Bonsonnaise débranche sa sonnette, verrouille ses volets et pousse des meubles contre ses portes. Récemment, le harcèlement a pris une nouvelle forme : son téléphone a sonné trois fois en pleine nuit, à quelques minutes d’intervalle. Elle a fini par décrocher le combiné. Sa fille mesure l’usure que tout cela provoque, sans pour autant trouver de solution immédiate.
La gendarmerie saisie, une enquête ouverte
Le dernier épisode remonte à la nuit du 11 février. Une main courante a été enregistrée ce jour-là par la gendarmerie de la Loire, avant qu’une plainte officielle ne soit déposée lundi matin. Les forces de l’ordre, qui reconnaissent le caractère inhabituel de la situation, confirment travailler activement sur le dossier.
Le maire de Bonson a également été alerté. Son constat est net : cette femme semble être la seule cible sur le secteur. La mairie prévoit de diffuser prochainement un message de vigilance sur ses réseaux sociaux. De leur côté, les enfants de la victime s’apprêtent à installer des caméras pour tenter d’identifier enfin les auteurs de ce harcèlement.
En attendant, avenue de la Mairie, une femme de 79 ans attend. Barricadée. Et espère simplement pouvoir, un soir, fermer les yeux sans appréhension.

