La chro­nique de Martial : rap­pelle-toi des années 90’s

Si tu as eu la chance de naître dans les années 90 ou même un peu avant, tu appar­tiens à la géné­ra­tion Y. Cette époque bénie tu la regrettes, parce que tu n’a­vais pas à te pro­me­ner dans la rue avec un masque, ni à te retour­ner sur ton pas­sage de peur qu’il y ait un atten­tat ou que tu te fasses har­ce­ler, tu n’ar­ri­vais pas non plus en retard au bou­lot à cause des gilets jaunes. Rétrospective d’un monde trop vite par­ti en fumée.

Tu n’aimes pas le dimanche, tu n’as jamais aimé d’ailleurs. Et chaque dimanche était pareil, tu allais chez tes grands parents et il ne fal­lait pas par­ler fort parce qu’ils regar­daient l’École des fans. Et Jacques Martin c’é­tait autre chose que Cyril Hanouna : “Alors qu’est-ce que tu vas nous chan­ter aujourd’­hui ? On est avec Nana Mouskouri, tu as vu Nana cette petite, elle a du coffre hein ? C’est ton papa qui filme dans le public ?”. Au secours ! Heureusement que les frites de papy sau­vaient l’ambiance.

Non tu n’ai­mais pas le dimanche. Surtout quand venait l’heure de Vidéo Gag pré­sen­té par Bernard Montiel. Tu savais que le len­de­main il y avait école et qu’il fal­lait dire adieu aux grasses mati­nées. Le lun­di matin, les yeux écar­quillées et les lèvres trem­pées fans ton bol en même temps que tu essayais de déchif­frer les jeux sur la boîte de corn flakes, les Minikeums pas­saient à la télé. Et un tas d’autres des­sins ani­més comme Denver le der­nier dino­saure, les Tortues Nina, Denis la Malice, Inspecteur Gadget et Albert le 5e mous­que­taire, que tu n’a­vais pas le temps de regar­der parce qu’il fal­lait vite par­tir à l’é­cole. Et tu te disais “Vivement 16h30, je pour­rai regar­der les Razmokets”.

Coiffé avec la raie sur le côté et un car­table qui fai­sait deux fois ton poids, tu arri­vais dans la cour de l’é­cole et tes amis t’at­ten­daient pour échan­ger des cartes Pokémon et jouer aux Pogs. Qui finis­saient par t’être confis­qués parce que tu ne ren­trais pas dans le rang à temps.

C’était beau­coup plus mar­rant qu’au­jourd’­hui d’être malade parce que tu pou­vais pas­ser la mati­née devant la télé à jouer à Sonic sur la Megadrive ou à Pokémon

Tu n’as pas vu beau­coup de récréa­tions non plus parce que tu étais occu­pé à copier des lignes de puni­tion. Je ne dois pas par­ler pen­dant le contrôle de maths, 100 fois. Du temps de midi tu man­geais à la can­tine et là ça te rap­pe­lait les pla­teaux repas de l’hô­pi­tal quand tu as eu ton appendicite.

La guerre sani­taire tu l’as presque anti­ci­pé quand tu rame­nais à la mai­son toutes sortes de microbes et d’a­ni­maux. La vari­celle, la scar­la­tine, les poux. C’était beau­coup plus mar­rant qu’au­jourd’­hui d’être malade parce que tu pou­vais pas­ser la mati­née devant la télé à jouer à Sonic sur la Megadrive ou à Pokémon sur les car­touches jaune, rouge et bleu. Tu pré­fé­rais Salamèche à Carapuce et tu res­tais coin­cé devant Ronflex parce qu’il te man­quait la poké­flute. Ton tama­got­chi finis­sait par mou­rir, faute de ne pas l’a­voir assez nour­ri mais il te res­tait ton yoyo. Zut, tu avais oublié les devoirs ! Deux exer­cices avant le contrôle de jeu­di. Oh, tant pis tu copie­ras sur Maxime. Il a tou­jours tout juste Maxime.

Tu as per­du un pou­mon dans les res­tau­rants coins fumeurs mais tu as connu la coupe du monde 98 avec la mas­cotte Footix et tu ne pou­vais pas t’empêcher de te prendre pour Zidane lors des matchs “les filles contre les gar­çons”. Dans ta chambre les murs étaient rem­plis de pos­ters plus épais que le papier peint de Brico Dépôt mais c’é­tait ton endroit à toi. Tu fai­sais des caprices pour qu’on t’a­chète les maga­zines Fan 2 et Star Club dans les­quels tu décou­pais les têtes des Spice Girls, des 2be3 et des acteurs de Beverly Hills. Les cou­sins et cou­sines venaient dor­mir chez toi et ça finis­sait sou­vent en bagarre et tu disais à ta mère : “C’est lui qui a com­men­cé !”. Tu as connu le Walkman, le chan­teur Jordy, le club Dorothée, KD2A, les par­kas vio­lettes et tur­quoises, le Bigdil et le Juste prix, les pubs Quézac, Hélène et les gar­çons, la météo d’Alain Gillot Pétré que tu as vu faire un malaise en direct, la Petite Maison dans la prai­rie, le pre­mier Nokia 3310 avec le jeu du ser­pent, Un dos tres et Friends.

Mais on a tous gran­di. Les filles ont été déçues d’ap­prendre que Ricky Martin était gay, elles qui rêvaient de l’é­pou­ser. Et on a arrê­té de jouer aux poké­mon quand on a décou­vert Internet. Aujourd’hui tu es scot­ché à ton smart­phone du matin au soir. Mais tu ne rap­pelles plus tes cou­sins, il y en a un qui est par­ti à l’é­tran­ger et l’autre que tu ne vois plus depuis qu’il est papa. Ah, c’é­tait bien les années 90 quand même !

Martial Mossmann

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