© Les Givrés.
Nettoyer une façade noircie, retirer certaines salissures ou intervenir sur un bâtiment ancien sans utiliser de litres d’eau ni de produits chimiques : c’est le pari des Givrés, une jeune entreprise qui souhaite faire du nettoyage cryogénique une nouvelle solution pour les collectivités et les gestionnaires de patrimoine.
Le projet est porté par trois associés issus notamment des univers de l’immobilier et du bâtiment. Après plusieurs années passées dans la rénovation, ils veulent désormais développer une activité encore relativement peu connue du grand public en France.
Leur cible est clairement identifiée : les bâtiments publics, les façades en pierre, le béton, le patrimoine ancien ou encore les surfaces dégradées par les tags et la pollution.
Comment fonctionne le nettoyage cryogénique ?
Malgré son nom, le procédé ne consiste pas à projeter de la glace fabriquée avec de l’eau. Le nettoyage cryogénique utilise de la glace carbonique, c’est-à-dire du CO₂ à l’état solide, dont la température se situe autour de -78 °C. Des granulés sont projetés à grande vitesse sur la surface à traiter grâce à de l’air comprimé.
Le froid provoque un choc thermique qui fragilise les salissures. L’impact des pellets participe ensuite à leur détachement. Enfin, la glace carbonique se sublime : elle passe directement de l’état solide à l’état gazeux, sans devenir liquide.
Cette particularité permet de travailler sans apport d’eau et sans produit détergent. Le procédé génère également beaucoup moins de résidus secondaires qu’un sablage traditionnel puisque le média projeté disparaît sous forme gazeuse.
Les bâtiments anciens et les collectivités dans le viseur
La technologie est déjà utilisée dans de nombreux secteurs, notamment l’industrie, l’automobile et la maintenance de machines. Mais Les Givrés veulent surtout exploiter son potentiel dans le bâtiment. Sur certaines surfaces adaptées, le nettoyage cryogénique peut notamment permettre de retirer de la suie, des traces de pollution ou certains graffitis tout en limitant l’agression mécanique du support. Des entreprises spécialisées l’utilisent déjà pour intervenir sur des pierres naturelles, des sculptures ou des façades patrimoniales.
Cette caractéristique intéresse particulièrement les collectivités, propriétaires d’un patrimoine souvent important : monuments, bâtiments administratifs, équipements publics ou mobilier urbain. L’entreprise souhaite donc se positionner sur des interventions rapides et ciblées, notamment auprès des communes de la Loire et du Rhône.
80 000 euros investis pour lancer l’activité
Pour démarrer, les trois associés ont consacré environ 80 000 euros à leur équipement. L’investissement comprend notamment un véhicule, un compresseur et la machine nécessaire à la projection de glace carbonique. Pour les interventions nécessitant une nacelle ou un échafaudage, l’entreprise prévoit de faire appel à des partenaires spécialisés. La stratégie consiste d’abord à multiplier les démonstrations et les premiers chantiers afin de prouver l’intérêt économique et technique du procédé. L’objectif est ensuite de parvenir à intégrer progressivement les réseaux de fournisseurs utilisés par les collectivités.
Si le modèle trouve son marché, l’ambition pourrait aller nettement plus loin. Les fondateurs réfléchissent à terme à la constitution d’un réseau de franchises permettant de déployer le concept dans plusieurs régions françaises. Une stratégie qui rappelle celle adoptée par certaines entreprises ligériennes ayant bâti leur développement national autour d’un service spécialisé et facilement identifiable. Mais avant de couvrir la France, Les Givrés devront confirmer que les collectivités et les professionnels du bâtiment sont prêts à adopter cette technique à plus grande échelle. Dans un secteur du nettoyage où la réduction de la consommation d’eau et des produits chimiques devient un argument de plus en plus important, le froid pourrait bien devenir un nouveau concurrent du nettoyeur haute pression.

