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Alors que les autorités mènent des vérifications, l’inquiétude grandit au sein de la population et chez les chasseurs. Mercredi 4 février, deux parents profitant de l’entraînement de football de leurs enfants au stade synthétique ont décidé de partir en promenade dans les bois surplombant le complexe sportif.
Leur balade entre le stade et le collet de Doizieux a brutalement été interrompue lorsque trois loups se seraient dressés devant eux. Saisis par la surprise et l’effroi, les promeneurs ont rapidement rebroussé chemin pour rejoindre le stade, accompagnés de leur chien.
Cette observation n’a pas étonné Bertrand Theillard, président de la société de chasse locale, qui avait photographié un loup le 2 janvier dernier. « C’était la preuve formelle de la présence du loup dans le secteur », affirme-t-il à nos confrères du Progrès, considérant ce cliché comme l’élément déclencheur d’une prise de conscience.
chasseurs et éleveurs redoutent l’arrivée du printemps
Le responsable cynégétique exprime son mécontentement face à cette situation. « On a réintroduit un animal qui n’apporte que des problèmes et qui ne peut être abattu, car il est protégé », déplore-t-il au Progrès, soulignant l’inquiétude partagée par les agriculteurs et les éleveurs.
Des traces de prédation auraient été constatées dans les environs : un sanglier dévoré découvert samedi 7 février à Pavezin, et un chevreuil partiellement consommé quelques jours auparavant du côté de Farnay. Pour Bertrand Theillard, ces événements annoncent des difficultés majeures. « Nous, on n’aura plus rien à chasser. Il n’y aura plus de chevreuils et il ne restera peut-être que les gros sangliers qui pourront peut-être s’en sortir », anticipe-t-il.
L’arrivée des beaux jours cristallise les craintes : « Quand les éleveurs vont mettre leurs troupeaux dehors, ça va être un véritable carnage », prédit le chasseur, espérant que des mesures seront prises d’ici là.
les autorités en phase d’expertise
Des lieutenants de louveterie travaillant avec la préfecture de la Loire se sont rendus sur place, ainsi que des agents de l’Office français de la biodiversité. Sollicitée, l’administration préfectorale adopte une posture mesurée en confirmant « des prédations lupines dans le Pilat depuis quelques années », sans pouvoir valider formellement la présence du ou des loups signalés à Doizieux.
« Les services de l’État ne sont pas en mesure de le confirmer ou l’infirmer », précise la préfecture, ajoutant que « nos services sont très vigilants sur le sujet et travaillent sans relâche à expertiser ce témoignage ». L’OFB partage cette approche prudente.
la mairie appelle à la vigilance
Jacky Chomienne, adjoint au maire de Doizieux, confirme avoir été informé de ces observations. « Une fois, un seul animal a été vu et, deux fois, on a compté trois bêtes », détaille l’élu, qui a alerté la Ligue de protection des oiseaux ainsi que les gendarmes de Saint-Paul-en-Jarez.
Tout en rappelant que « le loup n’attaque pas l’homme », il anticipe néanmoins des problèmes lors de la mise en pâture des troupeaux. Il constate également l’évolution de la situation : « On nous disait que l’on ne risquait pas de voir le loup dans le Pilat, car il y avait trop de monde, mais aujourd’hui, il est bel et bien là. Je pense même qu’il risque de prendre de l’ampleur et va se développer. »
L’adjoint recommande la prudence lors des déplacements dans le secteur, suggérant d’éviter les promenades avec de jeunes enfants et de se munir systématiquement d’un bâton ou d’une canne pour dissuader l’animal en cas de rencontre.
un village divisé entre peur et défense de l’espèce
Dimanche matin au café du village, les discussions tournaient exclusivement autour du canidé. Les opinions se révèlent contrastées : certains défendent l’importance écologique du prédateur dans la régulation des espèces, tandis que d’autres réclament son élimination pure et simple, arguant que « cela fait 100 ans qu’il n’y avait pas eu de loups à Doizieux et on vivait bien ».
La peur s’installe progressivement chez plusieurs habitants. Un joggeur habitué à courir la nuit avant le travail aurait également croisé ces trois loups. Une conductrice de bus résidant au lieu-dit de Frachure, où les animaux ont été aperçus, peine désormais à trouver le sommeil depuis plusieurs jours.

