Une première historique pour la saga en France
Il aura fallu attendre le 45e film de la série pour que le célèbre chat venu du futur traverse enfin la frontière des salles obscures françaises. La franchise, née dans les années 1960 sous la plume du duo de mangakas Fujiko Fujio, est une institution au Japon, où un nouveau long-métrage sort quasiment chaque année depuis des décennies. En France, elle reste bien plus confidentielle. Le pari d’Eurozoom n’en est que plus notable : proposer aux enfants comme aux nostalgiques d’aller voir Doraemon au cinéma, comme le font les petits Japonais chaque printemps. Les spectateurs doivent savoir que ce « château sous-marin » n’est pas une création originale. Réalisé par Tetsuo Yajima, il reprend, presque à l’identique, le quatrième film de la saga, sorti au Japon en mars 1983 et jamais distribué chez nous. Les puristes de l’animation d’antan regretteront peut-être le charme du trait d’origine. Les nouveaux venus, eux, découvriront une histoire maritime lumineuse, riche en couleurs, en bons sentiments et en personnages iconiques, devenus des figures familières pour plusieurs générations d’enfants nippons.
Tout démarre avec les grandes vacances. Nobita, élève tout juste moyen et rêveur invétéré, s’ennuie ferme. Avec ses amis, impossible de s’entendre sur la destination idéale : les uns veulent la montagne, les autres la mer. Doraemon sort alors l’un de ses gadgets du futur et propose le compromis parfait : les monts sous-marins du Pacifique, à mi-chemin des deux envies. Nobita, Doraemon, Shizuka, Suneo et Giant s’embarquent pour une expédition aquatique qui les mènera sur les traces d’une cité antique peuplée par les Thalassiens. Au Japon, un 46e film est déjà annoncé pour mars 2027, avec un voyage dans le passé au programme. En attendant, cap sur les abysses.

Un cocktail d’influences science-fictionnelles
Au début des années 1980, la science-fiction est en pleine effervescence, et le film en garde l’empreinte. On y devine un parfum de « Star Wars », une pointe d’« Alien », une touche de Mœbius, un souffle du « Seigneur des anneaux » : autant de futurs monuments de la pop culture, mélangés ici dans un récit destiné au jeune public. Les plus petits n’y verront que du feu, mais les adultes repéreront sans peine ces clins d’œil. La cité engloutie, aux allures de peinture fantastique d’inspiration gaudienne, abrite des habitants dont les silhouettes rappellent « Nausicaä », « Ultraman » ou « Mega Man ». Ce patchwork fonctionnait en 1983. Il fonctionne encore aujourd’hui, à l’heure où les œuvres du siècle dernier connaissent une seconde jeunesse. La bande originale gagne en intensité, de nouveaux personnages séduisent sans effort, une véritable intrigue s’installe. Une petite voiture, l’un des gadgets de Doraemon, se lie d’amitié avec Shizuka et distille une tendresse irrésistible. On en ressort avec le sentiment d’avoir réellement voyagé sous l’eau, au cœur d’une civilisation ensevelie depuis des siècles. Les enfants garderont longtemps en mémoire ces images chatoyantes.
L’histoire : Doraemon est un chat-robot bleu qui vient du futur. Il vit avec Nobita, un petit garçon maladroit, et ses parents. Grâce à ses gadgets secrets, Doraemon aide souvent Nobita à s’amuser ou à résoudre ses problèmes. Un été d’ennui, Doraemon propose à Nobita et leurs amis d’aller faire du camping sous la mer. En explorant les fonds marins, la bande découvre une épave et fait la rencontre des Thalassiens. C’est alors qu’une annonce très inquiétante survient : « Le Château sous-marin s’est réveillé ! ». Nobita et ses amis doivent se lancer dans une bataille qui décidera du sort de la Terre !
Un divertissement familial
« Doraemon et le château sous-marin » ne prétend pas au statut de classique absolu. Avec un film par an depuis des décennies, la saga cultive avant tout la simplicité et l’accessibilité. Sa vocation : faire rêver les enfants et rassurer les fans, en leur prouvant que le chat-robot de leur enfance continue de vivre de belles aventures. Le public français, moins attaché à ce « gros matou bleu », n’en tirera pas moins un moment agréable. Reste à savoir si cette sortie en salles élargira l’audience de la franchise. Si elle ouvre la voie à d’autres films ou séries de la saga dans l’Hexagone, nous signons des deux mains.
Réalisation : Tetsuo Yajima, d’après l’œuvre de Fujiko Fujio. Sortie en France : mercredi 7 octobre 2026.

