Dans la profession, ce phénomène a un nom : le “no-show”. Une pratique qui peut lourdement impacter l’activité d’un restaurant. Le no-show est un anglicisme décrivant une réservation non-honorée par un client. On parle de no-show lorsqu’un client ne se présente pas au restaurant à l’heure prévue, et ce sans prévenir ou annuler sa réservation au préalable.
Certains clients multiplient les réservations pour une même soirée, notamment lors d’événements très demandés. Il n’est pas rare que des personnes bloquent plusieurs tables dans différents restaurants avant de se décider à la dernière minute. Résultat : des établissements se retrouvent avec des tables vides qu’ils auraient pu proposer à d’autres clients. Pour Alexandre Bonnet, cette situation est devenue suffisamment problématique pour inspirer une solution.
Dousto, une plateforme pour sécuriser les réservations
De cette réflexion est née Dousto, une plateforme numérique imaginée pour limiter les réservations non honorées. Lancée il y a trois mois, l’application permet aux restaurateurs d’enregistrer les réservations tout en demandant une empreinte bancaire aux clients.
Le principe est simple : si le client se présente au restaurant, l’empreinte est automatiquement annulée ; s’il ne vient pas sans prévenir, le restaurateur peut prélever une somme afin de compenser la perte.
Une manière, selon son créateur, de rééquilibrer la relation entre clients et restaurateurs et de réduire l’impact financier de ces absences. Au-delà de la réservation, Dousto propose également un site internet associé qui simplifie la gestion des tables et la visibilité en ligne des établissements.
Une alternative aux grandes plateformes
L’entrepreneur stéphanois veut aussi se différencier des grandes plateformes de réservation du secteur. Plutôt que de prélever une commission sur chaque client, Dousto fonctionne avec un abonnement mensuel de 99 euros. Cette formule inclut plusieurs services, dont la réservation en ligne et, bientôt, un renforcement de la visibilité sur internet. Alexandre Bonnet annonce en effet vouloir devenir Google Partner, afin d’aider les restaurants abonnés à apparaître plus facilement dans les résultats du moteur de recherche. Son objectif est clair : proposer une solution plus complète et moins coûteuse pour les professionnels.
Un succès naissant
Pour l’instant, la plateforme séduit surtout hors de la Loire. Mais la Loire va être très vite en prévision comme à Saint-Étienne. Une cinquantaine d’établissements ont déjà souscrit à l’offre Dousto dans des villes comme Dijon, Grenoble ou Clermont-Ferrand, et des discussions sont en cours pour un développement à Paris. Alexandre Bonnet explique avoir volontairement testé son concept ailleurs avant de chercher à convaincre localement.
Des ambitions pour les prochaines années
Aujourd’hui seul aux commandes du projet, l’entrepreneur voit déjà plus loin. Il espère atteindre une centaine d’établissements abonnés d’ici la fin de l’année. À plus long terme, l’objectif serait de réunir entre 200 et 250 restaurants partenaires d’ici 2027. Un cap qui lui permettrait de structurer davantage l’entreprise et de recruter, notamment un administrateur et un commercial. Et pourquoi pas, à terme, convaincre davantage de restaurateurs stéphanois d’adopter cette solution née… dans leur propre ville.


