Nicolas Forissier était en déplacement dans la Loire ce jeudi. Les représentants des 260 salariés de Dumarey Bouthéon, fabricant de boîtes de vitesses pour poids lourds, n’ont pas laissé passer l’occasion. Ils ont obtenu un rendez-vous avec son cabinet pour exposer une situation qu’ils qualifient d’inacceptable : la cessation d’activité programmée en fin d’année, le plan de sauvegarde de l’emploi contesté et l’absence de repreneur sérieux. Déjà reçus à Bercy, ils réclament désormais une implication directe de l’État dans la recherche d’une solution industrielle et, à défaut, des garanties sur ce qui leur est légalement dû.
Un PSE jugé insuffisant, une garantie bafouée
Depuis cinq semaines, 90 % des salariés sont en grève. Le cœur du conflit tient en une contradiction : le PSE présenté par l’actionnaire conditionne son versement à la renonciation à une garantie de maintien de l’emploi jusqu’à fin 2027, pourtant formalisée lors du rachat de l’entreprise à ZF. Pire, le montant proposé ne couvrirait pas les 16 mois de salaire que les salariés estiment leur être dus. La direction assure être au maximum de ses capacités, alignant ses conditions sur celles de son site de Strasbourg.
Depuis mardi, le site est fermé. Les salariés non-grévistes ont été priés de rester chez eux. Les grévistes, eux, arrivent au terme d’un mois sans salaire. Une cagnotte Leetchi a été lancée pour les soutenir.


