« Monthieu est l’une des écoles les plus en difficultés de la Loire. Nos enfants méritent d’être traités comme les autres. » Le message placardé sur les façades de l’établissement résume à lui seul l’exaspération d’une communauté scolaire qui se sent abandonnée. L’école accueille près de 230 élèves, 82 en maternelle, 145 en élémentaire, dans un quartier dont le profil social figure parmi les plus précaires de Saint-Étienne.
L’indice de position sociale de l’établissement s’élevait à 78,7 à la rentrée 2024-2025, soit entre 21 et 27 points en dessous des moyennes de référence départementale, académique et nationale. Un chiffre qui place Monthieu dans le bas du classement national, et qui n’a pourtant pas suffi à décrocher le précieux label REP.
« École morte » jeudi, grève lundi : la mobilisation s’organise
Ce jeudi 4 juin, dès 8h20, parents d’élèves et enseignants déclenchent une opération école morte. L’établissement reste ouvert, mais les familles sont invitées à garder leurs enfants à la maison. À midi, un barbecue est organisé pour rassembler la communauté éducative et renforcer la cohésion du mouvement. Les enseignants, eux, ont prévu de faire grève le 8 juin. Une pétition est également accessible via QR code pour élargir le soutien.
Une anomalie dans la carte de l’éducation prioritaire
L’argument central des parents d’élèves tient à une incohérence criante : les élèves de Monthieu rejoignent à l’entrée en sixième trois collèges publics, dont deux classés REP et REP+. Or la logique du réseau d’éducation prioritaire prévoit normalement une continuité entre les écoles primaires et les collèges de rattachement. Faute de classement, les élèves et enseignants de Monthieu se retrouvent privés des moyens supplémentaires auxquels leur profil social devrait logiquement leur ouvrir droit.
Les parents pointent également le cas du collège Aristide-Briand, à Terrenoire, établissement de rattachement de Monthieu, dont l’IPS de 90,2 est inférieur à celui de certains collèges déjà classés en éducation prioritaire dans la ville. Une situation qui, selon eux, pénalise mécaniquement quatorze autres écoles publiques stéphanoises dans la même configuration.
Un mouvement qui s’étend au-delà de Monthieu
La mobilisation de Monthieu s’inscrit dans un contexte plus large. Depuis deux mois, le collège Honoré-d’Urfé, dans le quartier de Bellevue, mène lui aussi une lutte pour intégrer la carte de l’éducation prioritaire, avec grèves reconductibles et actions répétées. L’académie de Lyon n’a, jusqu’ici, pas répondu aux demandes. Courriers, accusés de réception transmis au rectorat, à l’inspection académique et à la préfecture : les démarches officielles ont été multipliées, sans résultat.
Du côté de la municipalité, les élus de la majorité ont apporté leur soutien et s’engagent à attribuer un demi-poste d’Atsem supplémentaire à l’établissement, à la prochaine rentrée si le budget le permet, à défaut à celle de 2027.


