Photo DR
Le projet de désarmer les policiers municipaux de Roanne, porté par la liste L’avenir à gauche en Roannais de Franck Beysson, sème la discorde jusque dans ses propres rangs. Cette mesure, inspirée d’une proposition de Mathilde Panot (LFI) formulée en juillet 2025, fait débat parmi les 120 propositions du programme qui sera dévoilé jeudi 29 janvier.
Lors d’une réunion de travail du 14 janvier, au moins deux candidats socialistes destinés à figurer sur la liste ont manifesté leur opposition. « Je n’y suis pas favorable et on est encore en discussion sur le sujet », confirme Claude Dubois-Perreaud au progrès. Dimitri Faure (PS) va plus loin en proposant « une ouverture des discussions avec les agents et éventuellement la mise en place d’un référendum local sur la question. »
Une union de la gauche sous tension
« Sur la plupart des sujets, il n’y a pas eu de dissensions (…). Il n’y a qu’une seule mesure qui est problématique, c’est celle du désarmement de la police municipale », souligne Dimitri Faure au journal Le Progrès. Cette fracture révèle les limites de l’exercice d’union de la gauche face à des sujets sensibles où les lignes partisanes traditionnelles ressurgissent.
Le candidat tête de liste reste évasif sur le maintien de cette mesure controversée : « Il n’y a pas de débat sur le maintien de la mesure, mais sur comment on la réfléchit et on la met en place. » Cette formulation diplomatique masque mal les tensions internes à quelques jours de la présentation officielle du programme.
Un front uni de l’opposition contre le désarmement
Tous les autres candidats déclarés rejettent catégoriquement cette proposition. Yves Nicolin, maire sortant, dénonce « une proposition scandaleuse » qui s’inscrit selon lui dans une logique d’opposition systématique aux outils de sécurité. Fanny Fesnoux (« Juste Roanne ») y voit « un signal de faiblesse dans une période où l’insécurité progresse. »
Le candidat Mahdi Nouibat adopte une position nuancée : « La question n’est donc pas faut-il armer ou désarmer. Mais comment former, encadrer et accompagner. » Il plaide pour une police « formée, préparée, consciente de son pouvoir et capable de le maîtriser », recentrant le débat sur la formation plutôt que sur le principe de l’armement.
Dix ans d’armement sans usage des armes
Depuis 2015, 32 des 52 policiers municipaux roannais sont armés de pistolets Glock 17, complétés par matraques télescopiques, bombes lacrymogènes et ponctuellement flash ball. Malgré quelques sorties d’armes, aucun usage n’a jamais été constaté, relativisant les arguments sécuritaires des uns et des autres.
Au-delà des considérations techniques, ce débat cristallise deux visions opposées de la sécurité publique. D’un côté, une gauche radicale prônant la désescalade, de l’autre, une approche sécuritaire assumée face à la délinquance. Cette fracture pourrait fragiliser l’union de la gauche roannaise à l’approche d’un scrutin où la sécurité constitue un enjeu majeur pour les électeurs.

