Forces de police et de gendarmerie : la réponse de Gaël Perdriau

“La com­mis­sion d’enquête sur les moyens des forces de sécu­rité présidé par M.Jean-Michel Fau­ver­gue (LREM, ex patron du Raid) a ren­du pub­lic mer­cre­di dernier un rap­port par­lemen­taire pour le moins alarmant.

« Des moyens matériels dégradés », « des casernes et des com­mis­sari­ats aban­don­nées par la puis­sance publique », « des efforts encore insuff­isants par rap­port aux besoins », « une ges­tion des ressources humaines coû­teuse et source de frus­tra­tions », « des dif­fi­cultés d’attractivité et de fidéli­sa­tion patentes », « une charge procé­du­rale qui reste insup­port­able », «  des réformes inappliquées »…

Pour­tant, nos conci­toyens ont le droit à un niveau de sécu­rité exigeant, de même que nos forces de l’ordre qui veil­lent au quo­ti­di­en sur eux ont le droit d’exercer leurs mis­sions dans des con­di­tions dignes. 

Dans la Loire, les deux prin­ci­paux syn­di­cats de la pro­fes­sion s’inquiètent du manque d’effectifs dans les com­mis­sari­ats. A Saint-Eti­enne, je viens d’apprendre par voie de presse que 12 agents seule­ment seront dédiés à la police de sécu­rité du quo­ti­di­en (PSQ) à par­tir du 1er sep­tem­bre sur 17 arrivées. Or, d’ici à la fin de l’année, il sem­ble que 5 agents par­tiront à la retraite. Rap­pelons qu’au moment du lance­ment de la PSQ, la pré­fec­ture de la Loire évo­quait l’arrivée de 25 agents, et ce, au 1er jan­vi­er finale­ment repoussée en sep­tem­bre. Des trans­ferts d’agents opérés dans une spi­rale de muta­tions entre les dif­férents com­mis­sari­ats de la Loire ren­dent la sit­u­a­tion absurde. Cer­taines cir­con­scrip­tions per­dent des agents au détri­ment d’autres et en tant que prési­dent de la Métro­pole, je ne peux pas accepter une telle situation. 

En tant qu’élu local et co-prési­dent de la com­mis­sion de sécu­rité de France Urbaine, j’ai alerté à plusieurs repris­es ce gou­verne­ment sur son manque de con­sid­éra­tion vis-à-vis de la sécu­rité des Français et des forces de l’ordre, dont je ne peux que saluer le tra­vail et la déter­mi­na­tion dans un con­texte extrême­ment com­pliqué. Il existe un décalage entre les effets d’annonces du gou­verne­ment que je dénonce depuis plus de 2 ans désor­mais, et la réal­ité du terrain. 

La PSQ a été pro­gres­sive­ment vidée de son sens. En lieu et place, le gou­verne­ment évoque une « nou­velle méth­ode de tra­vail ». Sans con­cer­ta­tion avec les maires, les pré­fec­tures ont reçu l’ordre de met­tre en place sur chaque com­mune des « groupes de parte­nar­i­ats opéra­tionnels » (GPO) en dehors de toute évo­lu­tion lég­isla­tive. Alors que l’Etat ne donne pas à ses pro­pres forces les moyens matériels adéquats pour exercer leurs mis­sions, il avait mis fin dans la pré­cip­i­ta­tion, à l’expérimentation des caméras indi­vidu­elles pour les policiers munic­i­paux. J’ai dû me bat­tre et porter ce com­bat afin que cet out­il, dont le min­istre de l’Intérieur de l’époque lui-même avait recon­nu l’efficacité, soit pérennisé. 

Face à cette sit­u­a­tion insouten­able, j’ai décidé d’écrire au min­istre de l’Intérieur ain­si qu’aux députés des cir­con­scrip­tions de Saint-Eti­enne afin que l’Etat prenne ses responsabilités”.



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