Le 2 juin, Quentin Bataillon, fraîchement transfuge de Renaissance, le parti de Gabriel Attal, est officiellement nommé délégué départemental d’Horizons dans la Loire. Il succède à Éric Berlivet, maire de Roche-la-Molière, qui n’a pas attendu pour faire connaître son indignation sur les réseaux sociaux.
Dans une déclaration sans ambiguïté, l’élu rouchon dénonce une décision qu’il qualifie de brutale, symptomatique selon lui des vieilles pratiques que les nouveaux partis prétendent pourtant avoir abandonnées : des arrangements entre amis, déconnectés des réalités du terrain électoral. Tout en affirmant conserver sa confiance en Édouard Philippe, il estime que le candidat déclaré à la présidentielle reproduit les mêmes erreurs qu’Emmanuel Macron en laissant l’establishment parisien prendre le dessus sur les élus de proximité. Berlivet annonce poursuivre son engagement à Roche-la-Molière et au sein de la Métropole stéphanoise en toute indépendance.
La version du parti : une décision mûrement réfléchie
Du côté d’Horizons, le délégué régional Alexandre Vincendet balaie la thèse d’une éviction liée à l’arrivée de Quentin Bataillon. La décision de remplacer Éric Berlivet aurait été arrêtée bien avant la nomination de son successeur. Deux griefs sont avancés : d’abord, le soutien qu’Éric Berlivet aurait apporté à Éric Le Jaouen lors des dernières élections municipales à Saint-Étienne, contribuant à faire échouer un accord avec la liste de Dino Cinieri que le parti souhaitait soutenir. Ensuite, un appui accordé au socialiste Régis Juanico lors de l’élection métropolitaine, au détriment de la candidate de droite Sylvie Fayolle, en échange, selon Quentin Bataillon, d’une vice-présidence négociée.
Éric Berlivet conteste fermement cette lecture, affirmant qu’il s’agissait d’un soutien personnel et non d’une consigne politique, et qu’il n’a de comptes à rendre à personne sur ses choix individuels.
Bataillon en équilibre, Berlivet en embuscade
Quentin Bataillon, de son côté, assure ne pas vouloir entrer en conflit avec son prédécesseur, rappelant que la décision ne lui appartient pas. Il figurait pourtant sur la liste Cinieri aux municipales et n’ignore pas que son arrivée cristallise les tensions.
La formule d’Éric Berlivet, « quand on veut tuer son chien, on dit qu’il est malade », résume l’état d’esprit d’un homme qui ne compte visiblement pas se laisser effacer discrètement. La prochaine séance du conseil métropolitain s’annonce sous haute tension.


