La chronique de Martial : la parole d’une génération sacrifiée

Nous vivons une drôle d’époque où la désillusion ne suffit plus à croire en nos libertés. Toutes les catégories de population ont quelque chose à dire où à redire sur la société. Notre crise est plus que jamais identitaire. Guerres de sexes, de couleurs, de religions, d’argent. La sonnette d’alarme est tirée.

Au milieu de ces enjeux sociétaux, il y a une jeunesse qui souffre. Pour nommer la jeunesse d’entre-deux guerres on parlait de génération perdue. Pour nommer celle d’aujourd’hui on dit « génération sacrifiée ». En plein boom du virus, les jeunes d’aujourd’hui savent qu’ils vont davantage souffrir de la crise économique à venir liée à la crise sanitaire actuelle. Le confinement est venu créer un spleen dans un état d’esprit qui était déjà individualiste. Mais en plus d’être seule, de ne pas pouvoir faire la fête ni maintenir le lien social, la jeunesse doit affronter le marché du travail dans un contexte difficile où le chômage guette. Où il faut revoir ses prétentions salariales. Même avec de solides bagages.

« Le confinement est venu créer un spleen dans un état d’esprit qui était déjà individualiste« 

C’est une génération qui par dépit se tourne vers le virtuel et se créé un monde « à côté ». Le fait de voir la vie à travers un écran, souvent faussée, modifie le comportement des uns et des autres, quitte à créer une superficialité étouffante. Un mal de reconnaissance s’installe alors. Avant, on allait vers l’autre, on se faisait des amis sans les réseaux sociaux, on partageait, on échangeait. Aujourd’hui on se tourne plutôt vers soi et l’image que l’on renvoie.
Si l’on ne s’inquiète pas de cette jeunesse, si on ne prend pas soin d’elle, si on la laisse à la déroute, on prend le risque d’engendrer les conflits de demain et de basculer vers une société de plus en plus divisée.
On peut imaginer alors, si on veut rester positif à toute épreuve, qu’une fois ce virus maîtrisé et vaincu, puisque notre Président a repris l’idée de « guerre sanitaire », qu’il y aura une libération un jour. La libération, ainsi nommera-t-on l’effet de foule qui descendra dans la rue pour s’enlacer, s’embrasser, enterrer le masque et l’ennemi invisible pour reconstruire le monde de demain.

Martial MOSSMANN

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