La Serre et Le Creux de l’enfer soutiennent la création artistique

Tout commence il y a un an. Désireux d’encourager la rencontre des publics avec l’art contemporain, la Serre et le Creux de l’Enfer décident de nouer un partenariat autour d’une résidence-mission. Respectivement situés à Saint-Etienne et à Thiers, ces deux lieux accueilleront tour à tour la restitution de cette résidence.

Charlie Boisson, lauréat de cette première édition de co-création

Diplômé de l’ESADSE (Ecole Supérieure d’Art et Design de Saint-Etienne) en 2005, Charlie Boisson s’installe à Paris où il vit, travaille et enseigne à l’Ecole des Arts de la Sorbonne. Sa candidature à l’appel à projet a su conquérir les membres du jury à l’unanimité. De retour sur le territoire qui l’a vu naitre en tant qu’artiste, l’artiste souhaite faire honneur à ce projet.

« Je ne veux pas utiliser le terme de réussite, mais c’est une réelle satisfaction de revenir en tant qu’artiste sur ce lieu dont j’entendais parler quand j’étais étudiant. Je peux dire que c’est une profonde satisfaction. » – Charlie Boisson, lauréat

Un projet réalisé par l’artiste mais pas uniquement

Le projet est divisé en trois périodes. Dans un premier temps, Charlie Boisson se consacrera à réaliser son projet avec les multiples acteurs du projet. La résidence se tiendra du mois d’avril à juillet 2021. Ensuite, ses réalisations seront exposées du 8 juillet au 26 septembre à l’usine du May à Thiers. Enfin, l’exposition migrera à la Serre à Saint-Etienne dès le 19 novembre, jusqu’au 18 décembre.

Cette résidence, singulière par sa volonté d’impliquer des personnes extérieures à la création artistique contemporaine, a vocation à renouer le lien entre l’art et son public. Dans cette démarche, 6 volontaires en situation de réinsertion professionnelle ont intégré le projet.

« L’idée de cette résidence, c’était d’être dans un autre rapport avec le public et pas simplement dans un rapport de diffusion des œuvres mais aussi d’implication du public dans la création de l’artiste. C’est en partie pour cela que la proposition de Charlie Boisson nous a séduite. Son projet fait appel à différents corps de métier, qu’il s’agisse de la métallurgie ou de la pâtisserie. C’est ce qu’on a trouvé incroyable dans son projet. On est vraiment ravis de cette résidence. » – Sophie Chappat, Chargée de mission arts plastiques et visuels/culture scientifique de la ville de Saint-Etienne

© Collection André Breton : 86 moules à hosties, moules à oublies et moules à gaufres, des XVIe, XVIIe, XVIIIe et XIXe siècles.

Entre moules à oublie, savoir-faire et spontanéité : « Il y a des choses qui ont émergé que je n’aurais pas su faire émerger seul. » (Charlie Boisson)

Charlie Boisson souhaite, pour cette résidence de co-création, réaliser de manière collective de nouveaux « moules à oublie », l’ancêtre du gaufrier. L’artiste souhaite les imaginer de A à Z, du dessin des motifs en surface à l’élaboration des pâtisseries sans oublier, la dégustation au cours d’un moment de convivialité et de partage.

« On travaille actuellement sur la partie des motifs avec l’illustrateur Arnaud Descheemacker. C’est intéressant, spécialement à ce moment du projet, que le public intervienne parce que sur les motifs qu’on trouve sur ces moules anciens, il y a vraiment un imaginaire populaire qui est très présent et développé. C’était important de trouver une spontanéité dans le dessin que moi je n’ai pas forcément vu que j’ai fait des études d’art. Ce que j’arrive à retrouver avec le public, c’est le dessin vraiment naïf, ce qui n’est pas du tout péjoratif. De plus, c’est une relation super riche avec ces personnes qui vivent ce lieu d’une autre manière que moi. » – Charlie Boisson, lauréat

Les autres infos
Les autres infos