L’enseigne Couche-Tard pour­rait arri­ver à Saint-Etienne

L’annonce de « dis­cus­sions » entre le qué­bé­cois Couche-Tard et Carrefour a pris les obser­va­teurs de court. Même si depuis same­di, les deux groupes ne dis­cutent plus d’un “rap­pro­che­ment ami­cal” mais sur “des oppor­tu­ni­tés de par­te­na­riats opérationnels”.

L’enseigne Couche-Tard pour­rait arri­ver dans le futur à Saint-Etienne d’après nos sources.

Né au Québec en 1980, le groupe cana­dien de dis­tri­bu­tion ali­men­taire et de car­bu­rants Couche-Tard, qui lorgne sur le Français Carrefour, est deve­nu à force d’ac­qui­si­tions un poids-lourd mon­dial des «dépan­neurs», comme les Québécois nomment ces com­merces de proxi­mi­té sou­vent ados­sés à des stations-service.

Une «suc­cess sto­ry» à la qué­bé­coise pour cette entre­prise créée il y a un peu plus de qua­rante ans avec l’ou­ver­ture d’un pre­mier com­merce dans la région de Montréal par Alain Bouchard, pré­sident exé­cu­tif du conseil. «Les ingré­dients» de cette réus­site «sont connus, ils sont effi­caces et ils sont impor­tants», note pour l’AFP Jacques Nantel, pro­fes­seur émé­rite de mar­ke­ting à l’é­cole des Hautes études com­mer­ciales (HEC) à Montréal. «C’est une entre­prise qui est extrê­me­ment bien gérée, très pro­fi­table et qui a tou­jours eu la capa­ci­té de faire des acqui­si­tions sans aug­men­ter sa dette».

Plus de 9000 supé­rettes en Amérique du Nord

Pour lui, que les diri­geants de Couche-Tard s’in­té­ressent main­te­nant à un géant mon­dial des super­mar­chés « n’est pas vrai­ment sur­pre­nant». Couche-Tard, rap­pelle-t-il, a échoué dans la der­nière année à mettre la main sur le géant mon­dial des supé­rettes 7‑Eleven et ce sec­teur compte aujourd’­hui « de moins en moins d’ac­qui­si­tions inté­res­santes à faire, qui seraient ren­tables et intégrables ».

Plus de 9000 de ses supé­rettes sont situées en Amérique du Nord. Elles pro­posent géné­ra­le­ment des heures d’ou­ver­ture très élar­gies, ain­si qu’une sélec­tion res­treinte de pro­duits d’a­li­men­ta­tion, des jour­naux et des ciga­rettes. La plu­part sont situées dans des endroits faci­le­ment acces­sibles en voi­ture. Aux Etats-Unis, où Couche-Tard a pris racine pour la pre­mière fois en 2001, le groupe se targue d’être le « plus impor­tant exploi­tant indé­pen­dant» de ces com­merces pour ce qui est du nombre. Couche-Tard y avait réa­li­sé son pre­mier grand coup en 2003 en acqué­rant la grande chaîne Circle K de la pétro­lière ConocoPhillips, alors pré­sente dans une quin­zaine d’Etats.

« L’innovation fait par­tie de notre ADN»

Le groupe a ensuite débar­qué en Europe en 2012 en acqué­rant le nor­vé­gien Statoil Fuel & Retail, pour 2,8 mil­liards de dol­lars amé­ri­cains. Il est aujourd’­hui pré­sent dans les pays scan­di­naves (Norvège, Suède et Danemark), les pays baltes (Estonie, Lettonie et Lituanie), en Irlande, en Pologne et en Russie, avec plus de 2.700 com­merces ven­dant aus­si pour la plu­part du car­bu­rant pour le trans­port rou­tier. « L’innovation fait par­tie de notre ADN », explique sur le site de l’en­tre­prise Alain Bouchard, qui s’est don­né pour mis­sion de «four­nir à nos clients ce dont ils ont besoin, quand et où ils le sou­haitent, et ce, le plus sim­ple­ment possible».

Au fil des ans, Couche-Tard a aus­si acquis la répu­ta­tion de ne pas hési­ter « à se reti­rer de tran­sac­tions s’a­vé­rant coû­teuses ou n’ayant pas de sens sur le plan stra­té­gique », sou­li­gnait ce mer­cre­di l’a­na­lyste Chris Li de Desjardins Valeurs mobi­lières dans une note à ses clients. Avant cha­cune de ses acqui­si­tions, l’é­quipe de direc­tion est éga­le­ment connue pour débar­quer inco­gni­to sur le plan­cher de ses concur­rents pour iden­ti­fier leurs fai­blesses. Pour son exer­cice déca­lé 2019, Couche-Tard, qui compte plus de 130.000 employés, a déga­gé un béné­fice de près de 2,4 mil­liards de dol­lars amé­ri­cains, pour un chiffre d’af­faires de 54 mil­liards de dol­lars, pro­ve­nant à 70% de la vente de carburants.

Les autres infos