C’est une présence incongrue qui a mis la puce à l’oreille des riverains : la voiture de Françoise Galichet, garée vendredi rue Jean-Jaurès malgré l’interdiction de stationner liée aux 10 km du Coteau, n’avait pas bougé. La famille, alertée de ne pouvoir la joindre, s’est rendue à son domicile le lendemain. Le corps de la nonagénaire a été découvert dans son appartement du rez-de-chaussée d’un petit immeuble de la rue Jean-Jaurès. Elle avait 90 ans.
L’autopsie a révélé plusieurs plaies par arme blanche, notamment au niveau du cou. Le procureur de la République de Roanne a confirmé mercredi l’ouverture d’une enquête pour homicide volontaire. Une amie l’avait vue en bonne forme le mercredi soir précédant la découverte du corps, un élément qui permet de resserrer la fenêtre temporelle de l’agression.
Une femme aimée de tous
Connue sous le prénom de Pierrette, Françoise Galichet avait travaillé comme repasseuse chez Devernois avant de prendre sa retraite. Elle était restée d’une vitalité remarquable : elle conduisait encore sa voiture, marchait, allait à la pêche, cultivait son carré de légumes aux Jardins ouvriers depuis une trentaine d’années. Après le décès de son mari en 2005, ancien combattant, elle avait continué à fréquenter la Fnaca en sa mémoire.
Partout où on l’évoque, les mots se ressemblent. Douce, dévouée, jamais un mot plus haut que l’autre, incapable de faire du mal à quiconque. La présidente des Jardins ouvriers, la maire du Coteau Sandra Creuzet-Taite, qui l’avait croisée l’an dernier lors de la fête des classes, ses compagnons de jardinage, ses amis de la Fnaca : tous expriment le même incrédulité face à une fin aussi brutale.
L’enquête avance, sans suspect
Le logement est placé sous scellés. La Division de la criminalité organisée et spécialisée de la Loire poursuivait mercredi ses auditions de riverains. Aucune garde à vue n’a été prononcée à ce stade. L’inventaire des effets personnels de la victime se poursuit : son téléphone portable est introuvable, sans qu’il soit possible d’affirmer qu’il a été volé. L’arme blanche utilisée n’a pas non plus été retrouvée. L’hypothèse d’un vol reste à l’étude, sans être confirmée.


