La ville préfecture accueillait ainsi le premier des six ou sept rendez-vous prévus pour ce nouveau mandat, marqué par l’arrivée d’une nouvelle génération d’élus, puisque 45 % des maires de la Loire ont été nouvellement élus, et par la première intervention du nouveau préfet devant l’ensemble des édiles du département.
Une affluence jamais atteinte
La participation a une nouvelle fois battu un record, avec environ 700 inscrits ce jeudi, contre 600 lors du précédent congrès d’octobre 2025, qui avait déjà largement dépassé les moins de 400 participants de l’édition 2021, encore marquée par le contexte pandémique. L’association explique cette avancée au printemps, plutôt qu’à l’automne habituel, par la volonté d’être au plus près des élections afin d’accueillir et d’accompagner rapidement les nouveaux élus, une organisation exceptionnelle qui ne se répète qu’une fois tous les six ans.
Réunissant chaque année la préfecture, le Département, la Région, les parlementaires de la Loire ainsi que de nombreux acteurs publics, parapublics et privés réunis autour d’une centaine de stands, le congrès poursuit plusieurs objectifs : favoriser les échanges entre élus et partenaires, présenter des initiatives susceptibles de les intéresser et organiser des conférences sur les problématiques propres à l’exercice de leurs fonctions. L’édition de début de mandat, organisée à Saint-Étienne avant de circuler dans d’autres communes par la suite, vise plus particulièrement à accueillir les nombreux nouveaux maires.
Le préfet salue une adhésion quasi unanime
Le nouveau préfet de la Loire, François-Xavier Bieuville, s’adressait pour la première fois à l’ensemble des élus du département, affirmant venir non pas dans la Loire mais pour la Loire. L’AMF42 avait annoncé en amont une présence renforcée des services de l’État pour échanger avec les nouveaux élus, dans un format de congrès particulier intégrant cette fois une dimension statutaire. À la tribune, Yves Nicolin, maire de Roanne, président de Roannais Agglomération et réélu à la présidence de l’AMF42 le 8 juin, s’est dit satisfait de constater que 319 communes de la Loire sur 320 adhèrent à l’association, y voyant la preuve d’un attachement fort au territoire et à la démocratie locale.
Rappelant qu’en 2020 les maires avaient dû affronter dès leur élection le contexte sanitaire et ses incertitudes, le président de l’AMF42 a énuméré les nombreux défis qui se posent six ans plus tard : tensions internationales, dérèglement climatique et canicule, pouvoir d’achat, inflation, contraintes budgétaires et questionnements institutionnels et sécuritaires. Il a assuré que les élus locaux feraient face comme à l’accoutumée, présentant le maire comme la figure de confiance qui écoute, qui connaît son territoire au quotidien et qui incarne le premier visage de la République, issu d’un éventail de profils allant des salariés aux agriculteurs en passant par les chefs d’entreprise ou les enseignants.
Des maires plus jeunes mais une parité toujours absente
Le profil des élus se rajeunit, l’âge moyen des maires étant passé de 62 ans en 2020 à 58 ans en 2026, celui des adjoints de 56 à 52 ans. La féminisation des mandats progresse en revanche très lentement, avec 64 femmes maires en 2026 contre 60 en 2020, soit 20 % du total, et une seule représentante parmi les dix communes les plus peuplées du département, en la personne de Séverine Reynaud à Rive-de-Gier. Yves Nicolin a néanmoins estimé que tous les élus partageaient un même objectif de service de l’intérêt général, malgré un emploi du temps exigeant et des décisions souvent difficiles, et a tenu à rassurer les nouveaux maires en leur assurant qu’ils ne seraient pas seuls, pouvant compter sur l’accompagnement de l’AMF42 et des préfectures, tout en appelant à un plan de simplification administrative qui ne complexifie pas davantage l’action locale.
Avant l’intervention d’Yves Nicolin, Régis Juanico, nouveau maire de Saint-Étienne et président de Saint-Étienne Métropole, avait pris la parole en tant qu’hôte de la journée pour saluer la confiance renouvelée envers les élus sortants comme envers la nouvelle génération de maires, présentant le maire comme l’élu de proximité par excellence, celui que l’on consulte en premier en cas de difficulté. Il a salué la loi de décembre 2025 sur le statut de l’élu local comme une avancée pour mieux équilibrer vie professionnelle, personnelle et mandat, soulignant le rôle de l’AMF42 pour défendre les principes de libre administration des collectivités et accompagner les élus dans leurs démarches de formation. Recentrant son propos sur Saint-Étienne Métropole et ses 53 communes, il a réaffirmé sa volonté, déjà exprimée lors de la campagne, de tourner la page des tensions entre la ville centre et les autres communes grâce à un nouveau pacte métropolitain.
Georges Ziegler alerte sur la situation financière du Département
Le président du conseil départemental, Georges Ziegler, a pour sa part cherché à porter un message de rassemblement et de solidarité, tout en reconnaissant la difficulté de tenir un discours optimiste face à la réalité budgétaire. Il a rappelé que de nombreux départements français se trouvaient aujourd’hui en grande difficulté financière, étouffés par des dépenses sociales en forte hausse qu’ils sont contraints de financer sans en avoir décidé les règles, la Loire figurant parmi les départements les plus fragilisés à l’échelle nationale.
Il a cité les montants cumulés des allocations APA, PCH et RSA dans la Loire, soit 227 millions d’euros, dont 180 millions à la charge directe du Département, la participation de l’État sur la dernière de ces allocations n’ayant quasiment pas évolué depuis quinze ans. Face à des recettes qu’il juge de moins en moins maîtrisées, notamment fiscales, et à des droits de mutation en berne, il a appelé à une péréquation partielle de cette taxe immobilière, estimant que le système avait atteint ses limites après avoir longtemps tenu, et a mis en garde les communes sur la capacité désormais limitée du Département à les accompagner financièrement.
La Région promet de nouveaux dispositifs d’aide à la rentrée
La Région était représentée par Sylvie Fayolle, vice-présidente au Tourisme et maire de Saint-Paul-en-Cornillon, dans un contexte où Yves Nicolin semblait privilégier une intervenante jugée plus consensuelle après les tensions survenues l’année précédente avec un autre représentant régional. Mettant en avant la solidité des finances régionales, elle a assuré que la collectivité pourrait accompagner les communes dans de nombreux domaines, annonçant la présentation de nouveaux dispositifs d’aide à la rentrée et invitant les élus à rester attentifs.
C’est finalement au nouveau préfet, François-Xavier Bieuville, ancien adjoint à Levallois-Perret, qu’est revenue la dernière intervention. Il a exprimé l’attachement du corps préfectoral à l’échelon communal, qu’il considère comme le creuset historique de la République depuis la loi municipale de 1884, tout en réaffirmant le respect du principe de libre administration des collectivités locales. Il a assuré vouloir servir sans jamais se servir, au nom de l’intérêt général, en s’appuyant sur quatre piliers d’action : autorité, capacité d’adaptation aux réalités locales, efficacité et proximité. Il a désigné la sécurité des populations comme sa priorité absolue, défendant à ce titre les textes en discussion sur le renforcement des pouvoirs de police municipale, avant d’évoquer les grands défis du territoire que sont la mobilité, l’industrie, l’agriculture, l’aménagement, l’eau et la transition énergétique, comparant enfin élus et corps préfectoral à un même attelage au service des citoyens, guidé par l’intérêt commun.


