Mutinerie dans les prisons de la Loire

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Depuis le début de la crise du coronavirus, les prisons de la Loire sont en ligne de mire. À Roanne, l’ensemble des détenus a refusé de regagner les cellules.

Il a fallu plus d’une heure de négociations entre le personnel et les prisonniers pour que tout rentre dans l’ordre. À La Talaudière aussi, des problèmes interviennent régulièrement. « Il faut toujours négocier, rester calme avec des prisonniers qui sont dans un état d’énervement extrême », explique un gardien.

Depuis mardi 17 mars, les prisons sont des cocottes-minute. Et Nicole Belloubet le sait parfaitement. « La question de la détention, c’est l’une de mes principales préoccupations », a-t-elle déclaré jeudi 26 mars au micro de France Inter. Selon la ministre de la Justice, « dix détenus ont été testés positifs, et 450 sont symptomatiques ».

La locataire de la place Vendôme envisage aussi, pour endiguer la progression du virus, la libération de détenus : environ 5 000 en France. « Il n’y aura pas une vague, précise-t-elle, nous examinons au cas par cas les situations des personnes à deux mois de la fin de leur détention. » Des avocats voient dans cette hypothèse un effet d’aubaine pour raccourcir le temps de détention de leur client.

Nicole Belloubet a précisé que sont exclus de son projet de libération anticipée « les détenus qui ont été condamnés pour des faits criminels graves, terrorisme ou des violences intrafamiliales » et ceux qui n’ont pas encore été jugés. Enfin, les prisonniers concernés doivent pouvoir rester confinés chez eux après leur sortie. À ce jour, le nombre de détenus a d’ores et déjà baissé. Mécaniquement, « du fait d’une activité juridictionnelle réduite, il y a beaucoup moins d’entrées en détention », a précisé la Garde des Sceaux. « Depuis le début du confinement, il y a déjà 1 600 détenus en moins. » Selon nos informations, la ministre de la Justice a également demandé aux procureurs de la République de ne proposer la détention provisoire dans leurs réquisitions qu’avec « beaucoup d’attention » et que pour « des détenus très dangereux ».