On a testé le coiffeur après le confinement

Chez le coif­feur et dans les bou­tiques, une par­tie des Fran­çais se sont offerts des menus plai­sirs lun­di au pre­mier jour du décon­fi­ne­ment, après 55 jours de réclu­sion for­cée. Mais le masque chez le coif­feur, vous avez déjà tes­té ? Nous oui, et ce n’est pas vrai­ment approu­vé par la team de 42info.fr

Lun­di 11 mai, 10 heures. « Vous êtes de retour, bien­ve­nue ! » « C’est nous qui vous sou­hai­tons la bien­ve­nue, nous sommes si contents de vous revoir ! » Dans ce salon de coif­fure de Saint-Etienne, Geral­dine, la patronne, arbore un grand sou­rire. Enfin, c’est ce qu’on ima­gine. Car cette coif­feuse Sté­pha­noise, comme ses quatre employés, porte un masque et des lunettes de pro­tec­tion.

Après deux mois de fer­me­ture à cause du Covid-19, les caisses sont vides et il faut se réor­ga­ni­ser. Plus per­sonne ne nous prend notre man­teau en arri­vant. On ne nous sert plus de café, on ne peut plus patien­ter en lisant un maga­zine people, qui irait de main en main. Fau­teuils, tablettes et maté­riel sont dés­in­fec­tés après chaque pas­sage. Les pei­gnoirs sont net­toyés rapi­de­ment à 60°. Et sur­tout, on doit por­ter un masque, c’est obli­ga­toire en ce lieu de contacts. Mais le masque chez le coif­feur, vous avez déjà tes­té ?

Du cellophane autour des élastiques

Heu­reu­se­ment, on a eu deux mois pour voir ce qui n’al­lait pas dans notre coupe, car il n’est pas facile d’ex­pli­quer à la coif­feuse ce qu’on sou­haite en se voyant à moi­tié dans le miroir. Pour les cou­leurs, c’est la galère. Ma voi­sine confirme. Sou­cieuse de ne pas vou­loir tâcher le nou­vel acces­soire de mode de sa cliente alors qu’elle applique le pro­duit, une jeune coif­feuse lui retire les élas­tiques de son masque autour des oreilles et le colle avec un ruban adhé­sif. « J’ai vu ça sur des tutos pen­dant le confi­ne­ment »  », lui confie-t-elle.

Mais rien n’y fait : le ruban adhé­sif ne tient pas et la cliente doit pla­quer son masque contre son nez et sa bouche… à l’aide de ses mains. Fina­le­ment, comme la cou­leur néces­site 35 minutes de pose, la coif­feuse met du cel­lo­phane autour des élas­tiques. « Il y a encore des ajus­te­ments à faire… », rient-elle ensemble. Sans par­ler de la dif­fi­cul­té de bais­ser les yeux pour bien tra­vailler avec un masque par­fois XXL.

Le sèche-cheveux glisse à cause des gants

Au bac à sham­poing, il faut enle­ver son masque. Et le remettre pour se faire coif­fer. Résul­tat, on le mani­pule plu­sieurs fois, alors qu’on est cen­sé ne pas le tou­cher ! « Je crois que je ne vais pas tenir toute la jour­née avec ces lunettes ! Je ne sais pas com­ment font mes col­lègues », com­plète ma coif­feuse, qui n’ar­rête pas non plus de tou­cher son masque. Son sèche che­veux glisse aus­si avec les gants de pro­tec­tion. « Tu peux les enle­ver si tu veux ! », lui lance, déses­pé­rée, la patronne.  Enfin, les coups de ciseaux frôlent les élas­tiques du masque. Mais fina­le­ment, tous les clients repartent ravis de cette coupe de prin­temps.

Les hommes sont venus en nombre

Lun­di, ce salon de coif­fure, a été pris d’as­saut par ceux qui n’en pou­vaient plus de leurs bou­clettes ou de leurs che­veux blancs. Cer­tains petits salons de Saint-Etienne ont même ouvert à minuit 01 et affi­chaient com­plet toute la nuit !

Des hommes sont venus en nombre. « Il faut vrai­ment rafraî­chir tout cela ! » Ceux qui se sont pré­sen­tés sans ren­dez-vous pou­vaient être pris entre deux clientes, car « c’est la tech­nique sur la femme qui prend le plus de temps », explique une autre coif­feuse. Et les femmes, évi­dem­ment, étaient au ren­dez-vous. Dans ce salon, les horaires d’ouverture ont été élar­gis afin de rece­voir le maxi­mum de clients tout en res­pec­tant la dis­tan­cia­tion phy­sique. Les coif­feurs, comme les autres pro­fes­sions, ont dû s’a­dap­ter pour cette ren­trée qui ne res­semble à aucune autre. Pas simple. Et tout le monde s’ac­corde sur le fait que « ce n’est que pour un temps ». C’est ce qu’on espère.

Juliette Araud

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