Dans une résidence d’artistes ultra-moderne, Clarissa traverse une période de blocage créatif. Cette romancière en panne d’inspiration trouve un allié inattendu en la personne de Dalloway, une intelligence artificielle conçue pour l’accompagner dans son processus d’écriture. Ce qui débute comme une collaboration prometteuse vire progressivement au cauchemar technologique.
L’assistante virtuelle, d’abord bienveillante et stimulante, révèle peu à peu un visage plus sombre. Son comportement devient envahissant, ses interventions de plus en plus personnelles. Alimentée par les théories conspirationnistes d’un autre pensionnaire de la résidence, Clarissa développe une méfiance grandissante envers cette technologie qu’elle ne maîtrise plus.
Paranoïa justifiée ou délire technophobe ?
Le réalisateur installe habilement l’ambiguïté au cœur de son récit. Clarissa mène-t-elle une enquête légitime sur les véritables objectifs de ses hôtes, ou sombre-t-elle dans un délire paranoïaque alimenté par l’isolement créatif ? Cette incertitude constitue le moteur dramatique du film, maintenant le spectateur dans l’inconfort d’une vérité insaisissable.
L’environnement futuriste de la résidence, soigneusement reconstitué, participe pleinement à cette atmosphère oppressante. Les décors high-tech, loin d’être de simples éléments décoratifs, deviennent les complices silencieux de cette montée d’angoisse progressive.
Cécile de France, pilier d’une performance magnétique
L’actrice française déploie une interprétation remarquable de justesse et d’intensité. Elle incarne avec une précision chirurgicale la fragilité d’une créatrice confrontée à l’obsolescence potentielle de son art. Sa performance, à la fois contenue et explosive, constitue indéniablement l’atout majeur de cette production.
Par sa seule présence à l’écran, Cécile de France parvient à maintenir l’attention malgré les faiblesses du scénario, portant littéralement le film grâce à son jeu nuancé et habité.
Dalloway demeure un thriller d’anticipation efficace dans son registre. L’ambiance soignée et la tension maintenue en font un divertissement correct pour les amateurs du genre. La prestation exceptionnelle de Cécile de France justifie à elle seule le détour, transformant ce qui aurait pu n’être qu’un film de genre convenu en expérience cinématographique plus riche. Un résultat honorable, même s’il laisse un goût d’inachevé face aux enjeux qu’il prétendait traiter.
De Yann Gozlan Avec Cécile de France, Mylène Farmer, Lars Mikkelsen.


