Arrivé libre devant la cour d’appel de Lyon, il avait obtenu sa remise en liberté en mars après deux mois passés à la prison de Bourg-en-Bresse, Gaël Perdriau a réaffirmé son innocence à la presse avant l’ouverture des débats. L’ancien maire de 53 ans promet que de nouveaux éléments seront versés aux débats pour démontrer que sa version des faits est la bonne depuis le début. Son avocat résume la stratégie de défense en une formule : l’erreur judiciaire.
Le 1er décembre, le tribunal correctionnel de Lyon l’avait pourtant déclaré coupable de chantage, association de malfaiteurs et détournement de fonds publics, des faits qualifiés d’une extrême gravité par la présidente, avant de le condamner à cinq ans de prison dont quatre ferme et cinq ans d’inéligibilité.
Le nœud de l’affaire : qui a commandité la vidéo ?
L’affaire remonte à janvier 2015. Gilles Artigues, alors premier adjoint et rival politique de Perdriau, est filmé à son insu dans une chambre d’hôtel parisien avec un jeune prostitué recruté pour l’occasion. La vidéo sera utilisée pendant des années pour le contraindre au silence au sein du conseil municipal. Gilles Rossary-Lenglet et Samy Kéfi-Jérôme ont reconnu avoir organisé ce traquenard et ont été condamnés à trois ans ferme. Leur ligne en appel : obtenir une peine allégée, tout en maintenant que Perdriau était le commanditaire.
Ce lundi, Rossary-Lenglet a réaffirmé sans ambiguïté que la vidéo lui avait été commanditée directement par l’ancien maire. Il précise avoir fait appel précisément pour empêcher les deux autres prévenus de déformer les faits.
Des enregistrements difficiles à contourner
La défense de Gaël Perdriau, qui reconnaît avoir été informé de l’existence de la vidéo dès 2015, soutient qu’il ne l’a jamais visionnée et s’en est toujours désintéressé, la croyant anodine. Un scénario que les enregistrements audio réalisés à son insu par Gilles Artigues en 2017 et 2018 rendent difficile à tenir : l’ancien maire y mentionne explicitement la vidéo et ses conséquences potentielles si elle venait à être diffusée.
De son côté, Gilles Artigues, victime du chantage, dit se présenter à ce nouveau procès épuisé par des années d’épreuve. Il espère encore un sursaut de vérité de la part de celui qui fut son allié politique, sans y croire vraiment.
Les audiences se poursuivent jusqu’au vendredi 12 juin.


