La journée a débuté par une plongée dans les enregistrements audio et vidéo qui ont permis de révéler le scandale. La qualité technique était médiocre, les protagonistes de cette affaire se sont avérés de piètres preneurs de son, mais le contenu, lui, était éloquent. On y retrouve Gaël Perdriau en colère contre ses élus et contre Gilles Artigues, Pierre Gauttieri affirmant fonctionner « exactement comme un criminel », l’ancien maire évoquant la diffusion de la vidéo comme une « exécution » plutôt que du chantage, et Gilles Artigues lui-même décrivant sans fard les tractations électorales de l’époque. Une galerie de portraits qui a rappelé à l’avocat d’Anticor, Me Olivier Forray, la « nausée démocratique » qu’il avait évoquée lors du premier procès.
Artigues à la barre : la menace au napalm
Gilles Artigues a livré mardi après-midi une nouvelle déposition glaçante. Il décrit comment, après un désaccord en conseil de majorité, Gaël Perdriau l’aurait menacé directement : la vidéo serait utilisée s’il récidivait, avant de lui promettre de le « passer au napalm ». La présidente Margareth Stragier, plus directive que son homologue du premier procès, l’a questionné sans relâche : pourquoi ses collègues élus, sachant qu’il était tenu par une sextape, n’ont-ils eu aucune réaction politique ? La question l’a pris de court. Pourquoi, en 2020, est-il reparti en politique malgré quatre années de chantage ? Sa réponse, simple et dépouillée : parce que c’est sa vie, et qu’il n’a rien d’autre.
Les « éléments nouveaux » de Perdriau et la stratégie Gauttieri
La défense de l’ancien maire a tenté d’agiter un élément nouveau : une prétendue concertation entre Gilles Artigues et Pierre Gauttieri dans un café stéphanois avant le premier procès. L’intéressé l’a démenti avec la plus grande fermeté. Le journaliste de Mediapart cité comme source a précisé hors audience qu’une rencontre avait bien eu lieu, mais entre Gauttieri et les enfants Artigues, à Lyon, pendant le procès.
En fin de journée, Pierre Gauttieri, définitivement condamné pour n’avoir pas fait appel, a tenu à prendre la parole depuis le box. Il a rappelé qu’il lui arrivait d’exprimer un point de vue en son nom propre, sans engager le maire. Un élément aussitôt saisi par la défense de Perdriau, qui s’emploiera dans les trois jours restants à démontrer que l’ex-directeur de cabinet aurait pu agir au nom du maire sans que celui-ci en soit informé. Les auditions de Gilles Rossary-Lenglet, Gaël Perdriau et Samy Kéfi-Jérôme sont attendues ce mercredi.


