Parents d’élèves et édile municipal ont uni leurs forces dans une action de protestation originale : l’occupation pacifique des salles de cours. Cette initiative visait à sensibiliser les autorités aux difficultés pédagogiques rencontrées par l’école. Contrairement aux blocages traditionnels, cette forme de mobilisation a été conçue pour minimiser l’impact sur la scolarité des jeunes. Les enfants ont pu intégrer normalement l’enceinte scolaire, encadrés par leurs parents qui se sont ensuite installés par binômes dans chaque classe.
Frédéric Millet, premier magistrat de la commune, justifie cette approche : « Nous privilégions avant tout la sécurité des enfants, qu’il s’agisse des élus ou des familles. Ce matin, tous les élèves ont rejoint leur école normalement, puis nous avons procédé à notre installation en équipes de deux parents par salle. Paralyser complètement l’établissement aurait créé des complications pour toutes les familles, notamment sur le plan professionnel. »
Le casse-tête des effectifs et des moyens
Le cœur du problème réside dans la réduction du nombre de classes, passées de six à cinq depuis septembre 2024 suite à une diminution des inscriptions. Cette compression entraîne une surcharge avec environ vingt-huit élèves par groupe-classe. L’an passé, après trois semaines de cours, la pression parentale avait permis l’attribution d’un enseignant temporaire. Aujourd’hui, les familles redoutent la suppression de ce poste pour 2025, alors même que les projections d’effectifs restent stables ou légèrement orientées à la hausse.
Témoignages de terrain
Hanissa Chabane, mère d’un écolier de CE1, décrit les répercussions concrètes : « Mon enfant manifeste plus d’agitation, une baisse de concentration et des obstacles dans ses apprentissages et devoirs. L’arrivée du renfort provisoire avait provoqué un remaniement des groupes qui avait encore déstabilisé les élèves. Cette année encore, on nous impose d’attendre septembre pour connaître notre dotation définitive. Cette incertitude est inacceptable. » Les services académiques expliquent leur position par les prévisions d’effectifs établies en février, qui montraient une tendance baissière. L’inspecteur d’académie a proposé une rencontre avec les représentants locaux pour examiner leur dossier. La décision finale pour tous les établissements du secteur tombera le 8 juillet prochain.


