L’information est affichée dans les agences concernées. La Caisse d’épargne de l’avenue de Paris fermera ses portes le samedi 4 juillet en fin de matinée. Les clients seront redirigés vers les agences de Villerest et de l’Arsenal. Une semaine plus tard, le vendredi 10 juillet, c’est l’agence de la rue Mulsant qui baissera le rideau, orientant sa clientèle vers l’agence de Riorges. Et ce n’est peut-être pas terminé : l’agence de Saint-Roch, rue de Charlieu, pourrait fermer à son tour dans un second temps. Il ne resterait alors plus que deux agences Caisse d’épargne à Roanne, rue Jean-Jaurès et à l’Arsenal. La banque, sollicitée par notre rédaction, n’a pas répondu à nos questions.
Les seniors en première ligne
Pour Jacques, 83 ans, la nouvelle est tombée comme un coup de massue. Client de longue date de l’agence de l’avenue de Paris, il va devoir prendre sa voiture pour rejoindre l’Arsenal — une contrainte loin d’être anodine pour les personnes âgées ou à mobilité réduite. Son cas illustre une réalité que beaucoup de Roannais partagent : ces fermetures ne touchent pas des clients interchangeables, mais des habitants ancrés dans leur quartier, souvent peu à l’aise avec les outils numériques, pour qui l’agence de proximité représentait un filet de sécurité.
La logique des regroupements
Selon nos informations, ces fermetures s’inscrivent dans une stratégie nationale de rationalisation du réseau d’agences, accélérée par la transition numérique. La grande majorité des opérations bancaires s’effectuent désormais à distance via l’application Banxo, et la fréquentation physique des agences ne cesse de reculer. Les fermetures permettent de regrouper les équipes et de maintenir des horaires d’ouverture plus larges dans les agences survivantes. Dans celles qui restent ouvertes, les agents d’accueil ont d’ailleurs disparu : ce sont les conseillers eux-mêmes qui assurent l’accueil à tour de rôle.
Déserts bancaires : après les services publics, les banques
Roanne n’est pas un cas isolé. Il y a un an, le Crédit agricole fermait 28 agences en Loire et Haute-Loire, dont quatre dans le Roannais. La tendance est nationale, et elle touche désormais les banques mutualistes après avoir d’abord frappé les grandes banques commerciales. Pour FO Banques, cette politique d’économies est d’autant plus difficile à accepter qu’elle intervient alors que les cinq grands groupes bancaires français ont engrangé près de 35 milliards d’euros de bénéfices en 2025. Le mouvement crée de véritables déserts bancaires en province, particulièrement pénalisants pour les personnes illectroniques — ces habitants qui peinent à utiliser les outils numériques et pour qui il n’existe pas d’alternative crédible au guichet physique. À Roanne, les fermetures n’entraîneraient pour l’instant pas de suppressions d’emplois. Une consolation fragile dans un paysage bancaire qui se rétrécit.


