Plusieurs fermetures marquantes ont récemment secoué le secteur. Les liquidations de Casa, spécialiste des accessoires domestiques, et de Jennyfer, acteur du prêt-à-porter féminin, ont libéré des espaces significatifs. La rue Charles-de-Gaulle a également perdu Yaya, boutique d’habillement, tandis que Serge Blanco a cessé son activité rue Maréchal-Foch quelques semaines auparavant.
Toutefois, ce mouvement de fermetures s’accompagne de nouvelles implantations. Le concept-store Le Chelbay, spécialisé dans la seconde main, a pris ses quartiers dans d’anciens locaux. Un opticien s’apprête à investir l’espace laissé vacant par Yaya. Dream Donuts a rapidement succédé à Calzedonia, illustrant la capacité de rebond de certains emplacements.
La rue Victor-Basch retrouve son dynamisme
Cette artère commerciale connaît un renouveau remarquable. Plusieurs établissements ont contribué à cette renaissance : le Grain de Folie, établissement proposant bar et karaoké, Esprit Box, qui met à disposition des espaces pour les professionnels de l’esthétique, et Nandoori, restaurant rapide aux saveurs indiennes.
La cuisine indienne semble particulièrement prisée, comme en témoigne l’installation du restaurant Rajasthan, qui a remplacé l’ancien Raj Tandoor. Ce dernier a migré depuis la rue Danielle-Casanova, dont les locaux accueillent désormais un autre établissement de même spécialité. Cette émergence de la gastronomie indienne reflète l’évolution des goûts et des attentes de la clientèle roannaise.
La rue Jean-Jaurès peine à maintenir son attractivité
Cette voie commerciale traverse une période délicate, avec une multiplication des vitrines vides. La situation se complique avec les départs programmés d’enseignes historiques comme Frobert ou Aux Vêtements professionnels. Sophie Rotkopf, adjointe municipale chargée du commerce, mise sur l’achèvement des travaux pour redynamiser le secteur et table sur une amélioration dès la rentrée de septembre.
L’avenir incertain des centres commerciaux
Le centre Foch-Sully traverse une phase critique. Seules les futures installations de Blackstore et de Ninkasi sont confirmées, laissant planer l’incertitude sur l’occupation complète de l’espace. L’adjointe au commerce reconnaît que la situation entre dans une phase décisive.
Le centre Saint-Louis fait face à des défis similaires avec le départ de Casa, qui laisse une vaste surface inoccupée dans un bâtiment vieillissant. Néanmoins, l’arrivée de Maison du Monde dans les anciens locaux de la Banque de France témoigne de l’intérêt persistant pour le secteur.
Des atouts stratégiques préservés
Malgré les difficultés, certains établissements maintiennent leur attractivité. Le centre Saint-Louis bénéficie de la présence de Picard, unique magasin de surgelés de la ville, qui joue un rôle d’aimant commercial. Carrefour, Boulanger, ainsi que divers services (pharmacie, optique, pressing) au rez-de-chaussée et à l’étage, continuent d’attirer la clientèle.
La stratégie municipale contribue à cette résistance. La limitation des implantations périphériques through le Plan Local d’Urbanisme protège le commerce de centre-ville. La position géographique de Roanne, suffisamment éloignée des métropoles lyonnaise et clermontoise, constitue également un avantage pour le commerce de proximité.
Une vision optimiste malgré les turbulences
Les responsables municipaux relativisent les fermetures récentes, les attribuant aux difficultés nationales de certaines enseignes plutôt qu’à des problèmes locaux spécifiques. Cette lecture des événements leur permet de maintenir une perspective positive sur l’évolution du commerce roannais, misant sur la capacité d’adaptation et les atouts intrinsèques de leur territoire.

