Ce samedi 19 juillet vers 9 heures, alors que les orages grondent sur Roanne sans rien d’exceptionnel, la foudre frappe spectaculairement une cheminée de briques rouges haute de trente mètres. Ce vestige d’une ancienne usine textile, témoin de l’époque où Roanne était surnommée par les habitants la ville aux cent cheminées, devient brutalement le centre de toutes les attentions. L’impact fait sursauter tout le quartier, révélant la puissance destructrice de ce phénomène météorologique pourtant banal.
Dégâts visibles à l’œil nu
Les dommages s’avèrent immédiatement spectaculaires : le chapeau de cette construction fin XIXe siècle perd plusieurs rangées de briques, tandis qu’une lézarde impressionnante part du sommet et s’étire sur une dizaine de mètres. Cette fissure béante témoigne de la violence de l’impact et soulève immédiatement des inquiétudes sur la stabilité générale de l’édifice.
Face à l’ampleur potentielle des dégâts, les pompiers roannais font appel à un drone spécialisé basé à Andrézieux-Bouthéon. L’engin et son pilote arrivent 45 minutes plus tard pour une mission de reconnaissance aérienne cruciale. Cette technologie moderne permet de cartographier précisément les dégâts et d’évaluer l’état structurel de la cheminée sans exposer les équipes de secours à des risques d’effondrement.
Périmètre de sécurité
Sur la base des observations du drone, la Ville de Roanne prend immédiatement des arrêtés de péril pour interdire l’accès à une zone de sécurité autour de la cheminée fragilisée. Cette mesure préventive vise à protéger les biens et les personnes d’un éventuel effondrement. Plusieurs habitations de la rue Camille-Desmoulins se retrouvent ainsi temporairement inaccessibles, illustrant l’impact collatéral de cet incident météorologique.
Deux sociétés subissent directement les conséquences de cette mise en sécurité. L’entreprise IETS, spécialisée dans la fabrication d’outils de ponçage et employant huit salariés, voit ses locaux interdits d’accès. Les déménagements Chambon, dirigés par Stéphane Dessale, font face à une situation délicate. Heureusement, leurs camions restent atteignables, permettant d’assurer les déménagements programmés en début de semaine.
Selon les services municipaux, le périmètre de sécurité devrait être réévalué en début de semaine, probablement après expertise approfondie de la stabilité de l’édifice. Cette réévaluation déterminera les mesures de consolidation nécessaires ou l’éventuel démontage partiel de la structure.
Cette cheminée malmenée incarne parfaitement l’héritage industriel roannais, époque où la ville comptait effectivement une centaine de ces tours de briques. Leur préservation pose aujourd’hui des défis techniques et financiers considérables face aux aléas climatiques.


