La décision est tombée par courrier, signée du maire Eric Berlivet : les cours de gym douce financés par la Ville seront supprimés pour des raisons budgétaires. Lors du dernier conseil municipal, l’adjointe en charge du CCAS a confirmé que la dépense, estimée à 4 700 euros, avait été jugée disproportionnée au regard du nombre de bénéficiaires.
Les participantes ne l’entendent pas de cette oreille. Calculette en main, elles détaillent ce que le cours coûte réellement à la collectivité : 18 Rouchonnes à 144 euros l’année, deux extérieures à 180 euros, plus la cotisation obligatoire à la conciergerie de 22 euros par personne, soit 3 392 euros de recettes, ramenant le reste à charge municipal à un niveau qu’elles jugent très modeste. Pour elles, l’argument financier ne tient pas. C’est une décision politique, rien de plus.
Des femmes de 74 à 90 ans
Colette, 90 ans, Yvette, 87 ans, Odette, 84 ans, Renée, 83 ans, Michèle, 79 ans, Françoise, 76 ans, Christine, 74 ans : toutes fréquentent ces séances hebdomadaires sur prescription de leur médecin ou de leur kiné. Sciatiques, prothèses de hanche, douleurs articulaires, problèmes cervicaux, Noura Hocini-Rouabah, leur éducatrice sportive depuis dix-huit ans, connaît chaque pathologie et adapte les exercices en conséquence.
Les résultats sont concrets. Yvette, 87 ans, raconte comment une chute du lit en vacances s’est réglée sans drame grâce aux réflexes acquis en cours. Odette, 84 ans, touche désormais ses orteils sans plier les genoux. Des progrès réels, à tout âge, que confirme l’éducatrice.
La Ville suggère de se tourner vers le yoga, le Pilates ou des cours associatifs. Les intéressées balaient cette alternative : ces activités ne sont pas adaptées à des femmes de cet âge, avec ces pathologies. Yvette, qui ne conduit plus et marche avec un déambulateur, sait qu’elle n’ira nulle part ailleurs.
Au-delà du bien-être physique, c’est tout un lien social qui disparaît. Et une question de santé publique, estiment-elles : supprimer ces cours reviendra à fragiliser des personnes âgées qui coûteront davantage au système de soins. « Nous, les personnes âgées, on a fait vivre la ville pendant longtemps. On n’a aucune reconnaissance », résume l’une d’elles.


