Coincés entre la zone économique Charles-Chana et ses nuisances industrielles, ils multiplient les démarches pour retrouver la tranquillité d’antan dans ce secteur résidentiel historique.
La cité du Pontin, avec ses anciennes maisons de mineurs, incarnait jusqu’alors la quiétude résidentielle. Située à l’écart des grands axes, face au quartier de Beaulieu, elle bénéficiait d’une atmosphère familiale appréciée de ses habitants, dont certains y vivent depuis un demi-siècle.
Cette sérénité appartient désormais au passé. Les résidents se sont organisés avec ceux de Beaulieu pour créer une association de défense environnementale, témoignant de l’ampleur des problématiques rencontrées dans ce secteur autrefois préservé.
Une proximité industrielle devenue insupportable
Au bout de la rue du Pontin, seuls 87 mètres séparent la première habitation des entreprises de la zone Charles-Chana. Cette distance insuffisante expose directement les riverains aux activités industrielles, particulièrement une dame âgée constamment dérangée par le vacarme ambiant.
Cette proximité impose également aux habitants une vue permanente sur les arrière-cours industrielles : stocks en plein air, pneumatiques usagés, palettes, déchets végétaux, cuves diverses. Un spectacle bien éloigné des devantures soignées visibles depuis l’entrée principale de la zone.
Des nuisances sonores dès l’aube
Le calvaire quotidien débute dès 6 heures du matin avec le ronronnement des moteurs et les bruits de déchargement. Les promesses d’activités tertiaires formulées lors de l’extension de la zone ne se sont jamais concrétisées, laissant place à des activités industrielles bruyantes.
Tout au long de la journée, le concassage de pierres, la chute de blocs, le fonctionnement d’ateliers aux ouvertures béantes et la circulation d’engins génèrent un environnement sonore permanent. Cette pollution acoustique transforme le quotidien des riverains en véritable épreuve.
Aux nuisances sonores s’ajoute une pollution particulaire constante. Les habitants consacrent un temps considérable au nettoyage, la poussière industrielle s’infiltrant partout. Plus préoccupant encore, ils s’interrogent légitimement sur la nature des particules qu’ils respirent quotidiennement.
Un espace vert grignoté par l’expansion industrielle
L’empiètement territorial aggrave la situation. Une entreprise a annexé au moins trois mètres de terrain public, entraînant la suppression de deux agrès du parc de loisirs. Cette appropriation illégale illustre la pression exercée par le secteur industriel sur les espaces dédiés aux habitants.
Les riverains exigent légitimement la restitution de ces équipements, symboles de l’espace de vie communautaire progressivement rogné par l’expansion économique.
Le terril du Pontin, nouvel enjeu de tranquillité
Le parc communément appelé terril du Pontin, situé face à l’école, génère également des nuisances. Les passages répétés de motos et quads, ainsi que les rassemblements nocturnes bruyants, perturbent la quiétude résidentielle.
Les habitants souhaitent un aménagement paysager avec équipements sportifs (agrès, tables, chaises) et une limitation d’accès empêchant la circulation des engins motorisés. Cette demande vise à transformer un espace de nuisances en véritable lieu de détente familiale.
Une mobilisation citoyenne qui s’organise
Face à ces difficultés cumulées, les résidents ont saisi le maire Éric Berlivet par courrier. La question a été évoquée lors du conseil municipal de mai, débouchant sur une rencontre trois semaines plus tard. Cependant, l’absence de solutions concrètes a motivé leur présence renouvelée au conseil du 30 juin.
Aujourd’hui, ils réclament des engagements écrits, témoignant de leur détermination à obtenir des améliorations tangibles pour leur cadre de vie.
La réponse municipale : une butte végétalisée
Le maire reconnaît que les distances entre industries et habitations ont été validées avant son mandat, dans le cadre de la création de la zone. Sa proposition consiste en l’édification d’une butte de 2,5 à 3 mètres, densément végétalisée, faisant office de barrière acoustique et visuelle.
Éric Berlivet a sollicité Saint-Étienne Métropole pour étudier les financements de ce projet. Il a également demandé l’acquisition du terrain du terril pour permettre son aménagement municipal, dossier actuellement en attente.
Si les habitants n’écartent pas l’idée d’une butte végétalisée, ils estiment que cette mesure ne résoudrait que partiellement leurs problèmes. Leur exaspération les pousse à envisager d’autres procédures et à solliciter différents services de l’État.
Comme si les nuisances industrielles ne suffisaient pas, les riverains subissent également les odeurs du centre d’enfouissement de Borde-Matin. Cette accumulation de pollutions transforme ce quartier résidentiel historique en véritable zone de multi-nuisances.


