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Le tribunal correctionnel de Roanne a rendu son jugement concernant une affaire d’agression sexuelle survenue le 28 août 2024 dans la commune de Saint-André-d’Apchon. Un retraité de 77 ans a été condamné à une amende de 1500 euros, dont 1000 euros avec sursis, pour avoir touché les parties génitales d’un facteur en pleine tournée de distribution.
Les faits se sont déroulés lors d’une livraison de colis ordinaire qui a basculé dans l’inapproprié. Au cours d’une conversation banale, le facteur avait confié à son interlocuteur ne pas avoir le moral. C’est alors que le septuagénaire a glissé sa main vers les parties intimes du postier, provoquant la stupeur de ce dernier.
La réaction immédiate de la victime
Choqué par ce geste déplacé, le facteur a immédiatement manifesté sa désapprobation avant de quitter les lieux précipitamment. Il a aussitôt alerté sa hiérarchie, qui lui a proposé de le remplacer pour le reste de sa tournée matinale. Cette réaction témoigne de l’impact traumatisant de cette agression inattendue sur le professionnel des services postaux.
Trois jours après l’incident, lors d’une nouvelle distribution de courrier au domicile du même retraité, le facteur a pris l’initiative de filmer discrètement la confrontation. « Vous vous rendez compte de ce que vous avez fait ? », a-t-il interpellé l’auteur des faits. Face aux acquiescements de ce dernier, il a prévenu : « Mais c’est grave ! Si vous vous approchez, je vais appeler les gendarmes. »
L’enquête et les aveux partiels
Suite au dépôt de plainte effectué par la victime, les forces de l’ordre ont procédé à l’interpellation du retraité. Lors de ses auditions, celui-ci a reconnu les faits à demi-mot, tentant d’en minimiser la portée. Il a prétendu avoir voulu consoler le facteur en lui tenant l’épaule et a expliqué que sa main aurait « accidentellement glissé » jusqu’à l’entrejambe de sa victime.
Un passage à l’acte aux conséquences dramatiques
L’ampleur du traumatisme vécu par l’auteur des faits s’est révélée le soir même de l’agression. Rongé par la honte de son comportement, le septuagénaire a tenté de mettre fin à ses jours en ingurgitant des médicaments. Seule l’intervention providentielle de son épouse au cours de la nuit lui a permis d’être secouru à temps.
Initialement, le parquet avait opté pour une composition pénale, procédure qui aurait permis de traiter cette affaire de manière plus discrète. Cependant, l’avocate du facteur, insatisfaite de cette orientation, a effectué une citation directe pour amener l’affaire et son auteur devant le tribunal correctionnel en audience publique.
Les révélations de l’audience
Lors de l’audience publique qui s’est tenue mardi, le retraité a finalement reconnu avoir commis un geste inapproprié de manière intentionnelle. « C’est une pulsion que je ne m’explique pas. Je regrette ce que j’ai fait », a-t-il déclaré devant les magistrats.
L’enquête a également révélé des éléments de contexte personnel importants. L’homme, marié depuis cinquante ans, a reconnu sa bisexualité lors des investigations. L’expertise psychiatrique ordonnée n’a décelé aucune anomalie mentale particulière, écartant ainsi tout trouble susceptible d’expliquer ou d’atténuer sa responsabilité.
La plaidoirie de la défense
L’avocat du prévenu, Me Raphaël Salzmann, a tenté d’expliquer le passage à l’acte de son client en évoquant sa situation personnelle difficile. « Cette expérience l’a vacciné à vie », a-t-il assuré aux magistrats. « Ce n’est pas un prédateur. On est sur fond de misère sexuelle puisqu’il n’a plus de relation avec son épouse, et cette pulsion pour des hommes qu’il ne maîtrise pas. »
Le tribunal a prononcé une condamnation à 1500 euros d’amende, dont 1000 euros avec sursis, tenant compte du profil du prévenu, de son absence d’antécédents judiciaires et de sa reconnaissance des faits. Cette peine, bien que relativement modérée, n’en demeure pas moins significative pour ce retraité au casier judiciaire jusqu’alors vierge.


