Un succès qui n’échappe pas à la crise Le festival revendique son appartenance à la démarche nationale « Vous n’êtes pas là par hasard », portée par le Syndicat des musiques actuelles avec plus de 110 événements partenaires, autour de valeurs comme la convivialité, la solidarité ou la responsabilité environnementale. Un modèle pourtant fragilisé, que ses défenseurs jugent aujourd’hui menacé plus que jamais. Mustapha Kerroua, co-président d’Atout Monde, alerte ainsi sur une hausse de 30 % cette année du budget consacré aux cachets des artistes, qu’il attribue en grande partie au contexte inflationniste actuel.
Il s’interroge sur la suite à donner à cette flambée des coûts, qui touche aussi bien les artistes que les techniciens ou les producteurs. Le festival entend rester fidèle à sa philosophie à taille humaine, privilégiant la découverte de jeunes talents tout en conservant des têtes d’affiche reconnues, mais s’inquiète de pouvoir maintenir cet équilibre dans la durée. Après avoir traversé la crise sanitaire, l’événement doit désormais composer avec l’inflation et l’incertitude des subventions, sans que cela n’entame, pour l’instant, l’engagement de ses partenaires, de ses professionnels et de sa soixantaine de bénévoles.
Un engagement social et écologique revendiqué
Derrière les chiffres de fréquentation, 8 000 festivaliers en moyenne, se cache un travail mené toute l’année par Atout Monde auprès des publics éloignés de la culture. Les quatre-vingts chats peints par des écoliers saint-chamonais et exposés dans les rues de la ville en sont l’illustration la plus visible, tout comme la poursuite des engagements pris en 2022 : suppression des emballages et bouteilles en plastique, fontaines à eau et incitation au recyclage. Côté restauration, les circuits courts restent privilégiés, tandis que le partenariat avec Radio Ondaine permet de nouveau à des jeunes de centres sociaux d’animer des émissions spéciales autour du festival. Les jeunes du quartier de Fonsala, via un chantier éducatif mené avec la Sauvegarde 42, seront eux à nouveau associés à la gestion du camping éphémère, surveillé et équipé de sanitaires.
Le site reste celui de la Plaine de jeux du quartier de Fonsala, d’une capacité de 350 personnes, avec des navettes gratuites reconduites vers le parc Nelson-Mandela et Saint-Etienne. La prévention n’est pas oubliée, avec des actions autour de l’addictologie, de la protection auditive et de la lutte contre les violences sexistes, sexuelles, racistes et homophobes, via la campagne « Ici, c’est cool ». Mais le cœur du festival demeure la programmation musicale, fidèle à sa tradition de diversité, avec les Négresses vertes en tête d’affiche du dimanche soir.
Une affiche entre émergence et têtes connues
Le groupe parisien, figure du rock alternatif et métissé, succédera ainsi à Tiken Jah Fakoly sur la grande scène. Avant lui, Fatoumata Diawara ouvrira les festivités vendredi soir, portée par une voix saluée comme l’une des plus singulières des musiques du monde. Samedi, place aux vétérans jamaïcains d’Inna de Yard, attendus au parc Nelson-Mandela. Entre régional et émergence, le kiosque et la grande scène accueilleront aussi, du vendredi au dimanche, les Enfants de Lilith, Projet Schinéar, Lamuzgueule, Jaïa Rose, Zar Electrik, Raz & Afla, Picon mon Amour, ainsi que Mots pour Mômes pour le jeune public, qui disposera d’un espace dédié avec maquillage, jeux et ateliers Lego.
Du théâtre de rue et des arts visuels
Au-delà des concerts, le festival conserve ses spectacles et déambulations festives, avec cette année le château du Jarez associé à une partie de l’accueil du public. Quinze musiciens et danseurs de Batucada Sebario feront vibrer vendredi et samedi les rues aux couleurs de la samba brésilienne. La compagnie Easy to digest proposera un duo burlesque et acrobatique engagé, tandis que Les Miscellanées présenteront Prends-en de la graine, spectacle à la croisée du théâtre et de la littérature, traduit en langue des signes. Adriano Cangemi complètera l’affiche avec Nagual, un numéro de théâtre physique et aérien.
Un tremplin pour les artistes émergents
Le festival accueillera aussi, jeudi 15 juin à 19 heures au parc Nelson-Mandela, la 4ᵉ édition du Tremplin de musiques actuelles, organisé par Atout Monde avec la Ville de Saint-Chamond. Cynthia Fort, chargée de production pour le festival au sein de l’association, explique que programmer le tremplin en amont plutôt qu’en parallèle de l’événement doit lui permettre de gagner en visibilité. Sur 119 candidatures reçues cette année, trois artistes ont été retenus pour se produire la veille du lancement du festival, en première partie de Babylon Circus, parrain de la soirée : Citron Sucré, électro transe hypnotique venue de Lyon, Deinos MC, rap et slam originaire de Châlons-en-Champagne, et Olga la Rouge, chanson soul également lyonnaise.
Le lauréat se verra offrir une invitation à se produire l’an prochain à la Rue des Artistes 2024, ainsi que dans deux festivals partenaires, Les Trans Cévenoles et le Festival de la Paille. Le magazine FrancoFans fera partie du jury, une configuration que Mustapha Kerroua présente comme propre à l’organisation mise en place par l’association.
Infos pratiques La Rue des Artistes se déroule du vendredi 16 au dimanche 18 juin au parc Nelson-Mandela à Saint-Chamond, entrée par l’avenue Sadi-Carnot. Comptez entre 5 et 12,99 euros en prévente, l’accès étant gratuit pour les enfants de moins de 12 ans vendredi et samedi, et gratuit pour tous le dimanche, sans réservation et dans la limite des places disponibles. Renseignements au 04 77 22 18 18. Le Tremplin de musiques actuelles se tient quant à lui jeudi 15 juin à 19 heures, au même endroit, pour 5 euros en prévente ou 8 euros sur place. La billetterie c’est ICI.


