Santé, transports en commun, rénovation des écoles, voiries et aménagement urbain : Saint-Étienne et sa métropole prévoient un vaste programme d’investissements publics jusqu’en 2032. Avec une enveloppe annoncée de 1,5 milliard d’euros, les collectivités et leurs partenaires entendent moderniser les équipements du territoire tout en soutenant l’activité économique locale.
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Un milliard et demi d’euros pour préparer l’avenir de Saint-Étienne et de son agglomération. C’est le montant du programme d’investissements présenté pour les prochaines années, dans un contexte marqué par les difficultés du secteur du bâtiment et les incertitudes pesant sur les finances publiques.
Le financement annoncé se répartit entre quatre acteurs majeurs : 650 millions d’euros pour Saint-Étienne Métropole, 350 millions pour la Ville de Saint-Étienne, 300 millions pour le CHU et 200 millions pour l’Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne (Epase).
Cette programmation doit accompagner la transformation du territoire jusqu’en 2032, avec une priorité affichée : améliorer les services publics et les infrastructures du quotidien.
Le CHU de Saint-Étienne va bénéficier de 300 millions d’euros
Le secteur hospitalier figure parmi les principaux bénéficiaires de cette programmation. Le CHU de Saint-Étienne prévoit plusieurs opérations majeures pour moderniser ses installations et adapter son offre de soins aux besoins de la population.
Le chantier le plus avancé concerne le futur pôle femme-mère-couple-enfant, dont la livraison est attendue à l’automne 2028. Son coût atteint 100 millions d’euros, dont 50 millions apportés par l’Agence régionale de santé.
Autre opération structurante : la transformation des installations consacrées à la cancérologie. Les travaux, estimés à 140 millions d’euros, devraient se dérouler entre 2028 et 2030. Une participation de l’ARS comprise entre 30 et 40 millions d’euros est prévue.
Les blocs opératoires feront également l’objet d’une modernisation entre 2029 et 2030, pour un budget évalué entre 50 et 60 millions d’euros.
D’autres interventions sont envisagées, notamment sur l’hélistation et les bâtiments accueillant les internes. L’ensemble doit permettre de renouveler durablement les équipements hospitaliers stéphanois.
Transports : 100 millions d’euros pour moderniser le réseau stéphanois
Saint-Étienne Métropole prévoit de mobiliser environ 100 millions d’euros pour les déplacements et les infrastructures de mobilité.
Parmi les premières opérations attendues figure la ligne M6+, destinée à relier la Métare à la Cité du design avec des trolleybus à grande capacité. Le lancement des travaux est envisagé en janvier 2027, pour un investissement de 10 millions d’euros.
Le dépôt STAS du quartier de la Rivière doit également bénéficier d’une rénovation.
Mais le chantier le plus conséquent concerne le tramway stéphanois. Une enveloppe d’environ 50 millions d’euros est annoncée pour remplacer et réhabiliter plusieurs portions de voies à partir de 2029.
La Grand’Rue sera particulièrement concernée, notamment entre les places du Peuple et Carnot. Les secteurs Bellevue-Solaure et Terrasse-Hôpital Nord figurent également dans les zones identifiées.
Ces opérations pourraient provoquer d’importantes modifications de circulation et se prolonger au-delà du mandat actuel, compte tenu de leur ampleur.
Vélo, parkings-relais et pôle multimodal : de nouveaux aménagements
Les mobilités alternatives bénéficient elles aussi de financements spécifiques.
Entre 10 et 15 millions d’euros doivent être consacrés au développement des aménagements cyclables dans le cadre du Plan vélo.
En parallèle, près de 10 millions d’euros sont envisagés pour deux projets : le réaménagement du pôle d’échanges de la Terrasse, autour de la place Massenet, et la création d’un parking-relais à la Doa, près du musée d’Art moderne.
Le calendrier précis de ces opérations reste à définir. De nouvelles phases de concertation doivent permettre de préciser les aménagements et leurs conditions de réalisation.
Des moyens supplémentaires pour entretenir les routes
L’entretien des voiries constitue une autre priorité de la prochaine programmation métropolitaine.
Depuis le transfert de cette compétence à l’intercommunalité en 2016, plusieurs communes estiment que les budgets disponibles n’ont pas suffisamment progressé pour absorber l’augmentation des coûts.
Saint-Étienne Métropole envisage donc de renforcer les moyens consacrés aux chaussées, aux rues et aux infrastructures routières.
Cette orientation doit privilégier les travaux de proximité plutôt que la multiplication de grands équipements. Elle s’accompagnera d’un nouveau dispositif de soutien aux projets communaux, destiné à faciliter les investissements des municipalités.
Les enjeux environnementaux et l’adaptation des infrastructures au changement climatique devront également être intégrés aux choix d’aménagement.
Saint-Étienne : 70 millions pour les écoles et un nouveau parc aux Ursules
Sur les 350 millions d’euros d’investissements annoncés par la Ville de Saint-Étienne, plusieurs opérations sont déjà identifiées.
La rénovation des établissements scolaires représentera 70 millions d’euros, avec pour objectif d’améliorer l’état des bâtiments, les conditions d’accueil des élèves et leurs performances énergétiques.
Le secteur des Ursules doit lui aussi connaître une transformation importante. Le projet prévoit la démolition du parking existant et son remplacement par un parc urbain à l’horizon 2030.
Son coût est actuellement estimé à au moins 20 millions d’euros.
Un autre dossier concerne l’avenir du site de la Charité. Le départ des derniers services hospitaliers est envisagé pour le milieu de l’année 2028. La Ville prévoit de racheter le site au CHU afin d’engager sa reconversion.
Le montant de la transaction reste à déterminer, tout comme les contours définitifs du futur projet.
L’Epase mobilisera 200 millions pour rénover les quartiers
L’Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne dispose, de son côté, d’une programmation de 200 millions d’euros pour poursuivre les opérations de renouvellement urbain.
Plusieurs quartiers sont concernés, notamment Jacquard, Saint-Roch, le Soleil et le Crêt-de-Roc.
Les interventions porteront sur l’habitat, les espaces publics et l’accueil de nouvelles activités économiques.
Le financement de cette enveloppe doit associer l’État, à hauteur d’environ la moitié, ainsi que la Ville, la Métropole et le Département de la Loire. Une contribution ponctuelle de la Région Auvergne-Rhône-Alpes pourrait également être envisagée.
Un programme destiné à soutenir les entreprises de la Loire
Au-delà des transformations urbaines, cette programmation représente un enjeu économique pour les entreprises locales.
Le secteur du bâtiment et des travaux publics, fragilisé par le ralentissement de certains marchés, pourrait bénéficier de nouvelles perspectives grâce aux chantiers annoncés.
Les artisans, entreprises de construction, bureaux d’études et professionnels de l’aménagement figurent parmi les acteurs susceptibles d’être concernés.
À ces 1,5 milliard d’euros s’ajouteraient également entre 300 et 350 millions d’euros d’investissements réalisés par les 52 autres communes de Saint-Étienne Métropole.
Reste désormais à traduire ces annonces en opérations concrètes. Le projet métropolitain et le plan de mandat de la Ville doivent être présentés début 2027. Ils permettront de préciser les priorités, les échéances et les engagements financiers.
La consolidation des enveloppes devra également clarifier la prise en compte des participations de la Ville et de la Métropole au financement de l’Epase.
Pour Saint-Étienne, les prochaines années s’annoncent donc riches en chantiers. Leur réalisation dépendra néanmoins des arbitrages budgétaires, des calendriers opérationnels et de la capacité des différents partenaires à mobiliser les financements annoncés.
Les principaux montants et échéances ont été recoupés avec les informations publiées le 7 novembre 2026 par Le Progrès. Il s’agit à ce stade d’investissements annoncés, et non de dépenses intégralement votées ou engagées. Le Progrès +1

