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Jean-Pierre Berger, premier adjoint chargé de l’urbanisme, résume la philosophie municipale a nos confrères du Progrès : « On démolit pour mieux reconstruire la ville, la régénérer et l’aérer. On la veut moins dense, on la renaturalise pour l’adapter aux changements climatiques. »
Les chiffres témoignent de l’ampleur du programme : 340 000 m² rasés en douze ans, soit une moyenne annuelle de 28 500 m². Pour illustrer concrètement, cela équivaut à la disparition de 48 terrains de football ou 810 terrains de basket.
L’année 2025 confirme cette tendance avec 28 730 m² démolis, même si ce total reste légèrement inférieur aux années précédentes (33 500 m² en 2023 et 37 000 m² en 2022).
Une opération coûteuse mais nécessaire
Cette reconquête urbaine ciblant friches industrielles, bâtiments abandonnés sans valeur patrimoniale et logements très dégradés représente un investissement considérable. L’adjoint ne peut chiffrer précisément les montants, la démolition étant généralement intégrée au budget global des projets de réaménagement.
« Ce sont des investissements considérables et des opérations qui peuvent prendre plusieurs années. C’est pourquoi on ne peut pas démolir à tour de bras », explique Jean-Pierre Berger, justifiant un rythme mesuré malgré l’ambition affichée.
Une reconstruction tournée vers l’avenir
La municipalité assure ne pas laisser de terrains vagues après les destructions. Les emplacements libérés accueillent espaces verts, lieux publics et habitations de qualité. Sur les 29 000 m² détruits en 2025, deux tiers des surfaces seront végétalisées.
Cette stratégie de « reconstruction de la ville sur elle-même » s’inscrit dans une vision à long terme : « Notre volonté est d’aérer et d’oxygéner notre tissu urbain pour limiter les effets du réchauffement climatique en multipliant les îlots de fraîcheur », projette l’élu au Progrès sur trois décennies.
Des chantiers emblématiques à travers toute la ville
Plus d’une vingtaine d’opérations ont été menées ou sont en cours cette année, pilotées par la Ville, l’Epase (Établissement public d’aménagement de Saint-Étienne) ou le bailleur social Habitat & Métropole.
Parmi les démolitions marquantes figurent le bowling et le Flore boulevard Jules-Janin (3 250 m²), un site rue Louis-Destre à Terrenoire (1 300 m²), l’ancien magasin La Foir’Fouille dans le quartier de la Rivière (3 000 m², permettant aussi de prévenir les crues du Furan), et les barres d’immeubles Le Renoir et Le Corbusier à Beaulieu-Montchovet (12 000 m²).
Le quartier de Monthieu a vu disparaître 6 900 m² de « boîtes à chaussures » rue de Rochette. L’îlot Janin, à l’intersection des boulevards Jules-Janin et Adolphe-Thiers, subit actuellement le même sort, avec la parcelle de l’ancien restaurant Poivre Rouge déjà rasée.
La friche industrielle Termoz devrait quant à elle être effacée du paysage d’ici fin 2025, laissant place à des zones économiques et artisanales.
D’autres sites comme les anciens locaux des ambulances Davin (5 600 m²) ou l’ancienne église de la Marandinière (4 200 m²) feront place à des logements qualitatifs et une résidence étudiante.
Un enjeu d’attractivité territoriale
Pour Jean-Pierre Berger, ces transformations urbaines sont le prix du changement : « Et ça se voit », affirme-t-il. L’élu espère que cette dynamique, lancée il y a deux mandats, se poursuivra après les prochaines élections municipales. « C’est l’attractivité de tout un territoire qui est en jeu », avertit-il, conscient que cette politique de renouvellement urbain constitue un pari sur l’avenir de la métropole stéphanoise.

