Decitre ferme dans la région Auvergne-Rhône-Alpes. À Saint-Étienne, à Lyon et Grenoble et dans de nombreuses villes. En France, 11 librairies condamnées emploient au total 115 salariés. Le groupe Nosoli précise toutefois, dans son communiqué, que des ajustements d’effectifs sont également envisagés dans les magasins maintenus, ainsi qu’au sein des fonctions support.
Placé en redressement judiciaire depuis le 1er juin, le groupe Nosoli avait réalisé un chiffre d’affaires de 150 millions d’euros en 2025. Le secteur de la librairie traverse actuellement une période difficile en France, confronté à la concurrence croissante du commerce en ligne et au recul de la lecture sur support papier.
De Furet du Nord à Nosoli, une histoire de rachats
Après s’être développé dans sa région d’origine puis en région parisienne, Furet du Nord avait racheté en 2019 Decitre, autre enseigne centenaire d’origine lyonnaise. La fusion des deux réseaux avait donné naissance, en 2022, au groupe Nosoli.
À travers cette restructuration drastique, Nosoli affiche l’objectif de restaurer rapidement sa compétitivité afin d’assurer la pérennité de ses activités. Le groupe, qui emploie actuellement 600 salariés, indique vouloir privilégier autant que possible les solutions permettant de préserver l’emploi, notamment par le biais de reclassements internes.
Le groupe Gibert également fragilisé
Le secteur traverse une crise plus large : en avril dernier, le tribunal des affaires économiques de Paris avait placé en redressement judiciaire le groupe Gibert, premier libraire indépendant de France. Ce dernier mise sur une relance via le segment des livres d’occasion, avec un projet de redressement axé sur la diversification de son offre hors livre, comme les jeux, la papeterie, les loisirs créatifs et les produits cadeaux, ainsi que sur un investissement renforcé dans le numérique et le développement de son activité auprès des professionnels, collectivités, universités, médiathèques et établissements scolaires.
Franck Brunet, délégué CFDT du Furet du Nord, reconnaît que la situation actuelle du groupe s’explique en partie par le désintérêt croissant pour le livre, mais estime que des erreurs plus anciennes, indépendantes de la concurrence d’Amazon ou des évolutions du marché, ont également pesé sur la trajectoire du groupe. Il pointe notamment un manque de trésorerie ainsi que l’arrêt, selon lui particulièrement brutal, du programme de fidélité par la précédente direction. Le syndicaliste semble se résigner à l’ampleur de la restructuration annoncée, reconnaissant que la fermeture de onze magasins ne constitue pas une bonne nouvelle, tout en la jugeant probablement salutaire pour assurer l’avenir du groupe.


