Dans un petit parc arboré du quartier de Châteaucreux, à deux pas de la CAF, le spectacle est saisissant. Presque aucun arbre n’est épargné : écorces arrachées, troncs lacérés à vif, scarifications allant de quelques centimètres à plus d’un mètre de hauteur. Sur la quinzaine d’arbres abîmés, l’un d’eux n’a pas survécu, ses branches nues en pleine saison le trahissent. Le square Maurice-Violette, tout proche, présente les mêmes stigmates.
La cause, établie par les agents spécialistes des arbres de la Ville : des chiens d’attaque, entraînés au mordant par leurs propriétaires lors de regroupements organisés dans ces espaces verts. Une pratique aussi discrète que destructrice. Adrien Betou, adjoint au maire en charge de la nature en ville, rappelle la réalité biologique de ces dégâts : lorsque l’écorce est entaillée sur toute la circonférence d’un tronc, même sur une faible largeur, la montée de sève est interrompue et l’arbre meurt. Il n’existe pas de traitement. Les dégâts sont irrémédiables.
Un coût financier et écologique pour la collectivité
Abattage des arbres morts, replantation, protection des nouvelles pousses : la facture s’alourdit à chaque saison. Le phénomène ne se limite pas à Châteaucreux. Place Fourneyron, six arbres ont récemment dû être replantés. Le cimetière du Crêt-de-Roc est également touché. Face à la récurrence des faits, la Ville dépose plainte systématiquement, sans qu’aucun propriétaire de chien n’ait, à ce jour, été identifié ni interpellé sur le fait. Au-delà du coût financier, l’adjoint au maire insiste sur le préjudice écologique : un arbre mature ne se remplace pas en quelques mois. Et ces actes sont passibles d’une amende pouvant atteindre 1 500 euros.
Une brigade environnementale pour protéger la biodiversité urbaine
En attendant, le service des espaces verts a pris des mesures préventives en entourant les nouvelles plantations de corsets en bambou ou en châtaignier dans les zones identifiées comme à risque. Mais la solution à long terme, selon Adrien Betou, passe par la création d’une brigade environnementale dotée d’un pouvoir de verbalisation. Capable d’effectuer des rondes ciblées, elle aurait pour mission d’identifier les auteurs de dégradations et de protéger plus largement la biodiversité urbaine. Le projet sera soumis en septembre prochain, avec une mise en place espérée début 2027.


