Londres a son musée du design, Milan, Madrid, Bruxelles et Zurich leurs espaces dédiés. La France, elle, stockait jusqu’ici l’essentiel de ses 30 000 objets de design dans des réserves, faute d’espace permanent pour les montrer. C’est désormais chose faite à Saint-Étienne, où la Galerie nationale du design a ouvert ses portes esplanade Jacques-Bonneval, derrière le bâtiment dit de l’Horloge. L’idée avait été confirmée par Emmanuel Macron en septembre 2022 ; cinq ans de travail ont été nécessaires pour la concrétiser.
L’investissement total s’élève à 8,8 millions d’euros, dont 6,8 portés par Saint-Étienne Métropole et le reste par l’État. La cogestion du lieu est assurée par le MAMC+ pour le contenu scientifique et la Cité du design pour la communication et la médiation, notamment via ses étudiants. Le ticket d’entrée est fixé à 2 euros — tarif de lancement valable au moins jusqu’à la fin de l’été — après un week-end inaugural gratuit les 13 et 14 juin.

Des collections venues de toute la France
La galerie ne présente pas uniquement des pièces stéphanoises. Pompidou, CNAP, MADD-Bordeaux, Frac Grand Large, Musée des arts décoratifs de Paris, Manufactures nationales de Sèvres et Mobilier national : les plus grandes institutions françaises alimenteront les expositions annuelles, conçues chaque année par un commissaire invité. Les trois premières années de programmation sont déjà arrêtées.
La première exposition, signée Laurence Mauderli, historienne du design et enseignante à l’ESAD Saint-Étienne, se tiendra jusqu’au 7 mars 2027. Intitulée « Design en main. Du langage à l’objet », elle rassemble près de 400 pièces issues des collections publiques, dont une partie liée à Manufrance, y compris des objets confiés par des Stéphanois et propose un parcours organisé autour d’expressions idiomatiques liées aux mains : mettre la main à la pâte, avoir en main, de main en main, perdre la main… La scénographie a été conçue par le designer Eric Benqué en bois de peuplier réutilisable pour les années à venir.
La nouvelle gouvernance de la Cité du design, incarnée par son président Yannis Bekhti, inaugure ainsi un projet voulu par la majorité précédente, tout en se réservant la possibilité de faire évoluer la programmation selon les retours du public stéphanois.


