Depuis près de sept décennies, les quatre barres du Groupe du Parc font partie intégrante du paysage de Solaure. Construits en 1958 le long de ce qui deviendra la RN88, ces 200 logements sociaux ont vu leur environnement bouleversé par l’arrivée de la voie express en 1970. Cette infrastructure routière a littéralement coupé le quartier en deux, exposant les résidents à des nuisances sonores et une pollution atmosphérique constantes.
Au fil des décennies, les bâtiments se sont dégradés et le secteur a été touché par des problèmes d’incivilités. L’immeuble B, le plus proche de la nationale, a été progressivement vidé de ses occupants, prélude à un projet de rénovation urbaine d’ampleur.
Une concertation approfondie avec les locataires
Avant de lancer cette opération titanesque, Habitat & Métropole a mené un travail de terrain minutieux. Les agents du bailleur social ont réalisé un état des lieux exhaustif de chaque appartement et recensé les besoins des habitants, en accordant une attention particulière aux personnes âgées. Cette phase de concertation, étalée sur plusieurs mois, a permis d’obtenir l’accord des locataires pour le démarrage des travaux.
Le budget global atteint près de 10 millions d’euros hors taxes. Habitat & Métropole finance presque la moitié du projet sur ses fonds propres, tandis que Saint-Étienne Métropole contribue à hauteur de plus d’un million d’euros. Le reste provient de subventions étatiques et de prêts spécifiques au logement social.
Un programme en trois volets
Lancés en avril 2025, les travaux doivent se poursuivre jusqu’au premier trimestre 2027, hors aléas climatiques. L’opération se décline en trois axes majeurs :
La démolition de l’immeuble B, qui compte 40 logements, permettra de libérer de l’espace et d’éloigner les habitants de la source principale de nuisances que représente la RN88. Dans ce cadre, le tunnel permettant de traverser la nationale, notamment utilisé par les familles se rendant à l’école Ambroise-Paré, sera condamné pour des raisons de sécurité. Le planning des travaux sera adapté aux périodes de vacances scolaires.
La restructuration radicale de l’immeuble A constitue le volet le plus spectaculaire du projet. Ce bâtiment qui abritait 80 logements n’en comptera plus que 27 après transformation. « On utilise du vieux pour faire du neuf. On garde juste les murs, on repart de zéro », explique Robert Kechechian, directeur de la maîtrise d’ouvrage chez Habitat & Métropole. Cette opération expérimentale, dont on ne recense qu’une vingtaine d’exemples en France, privilégie notamment le traitement acoustique. Elle prévoit l’installation d’une pompe à chaleur collective et représente un investissement de plus de 200 000 euros par logement.
La réhabilitation des immeubles C et D, qui conserveront chacun leurs 40 logements, vise à améliorer drastiquement leurs performances énergétiques. Leur classe énergétique passera de D à B grâce à l’installation d’une chaufferie au bois déjà opérationnelle, au remplacement des équipements sanitaires et des fenêtres, ainsi qu’à la mise aux normes électriques.
Un nouveau visage pour le quartier
Au final, le Groupe du Parc perdra 93 logements pour en restituer 107 modernisés. En termes de surface, 7 674 mètres carrés seront réhabilités tandis que 4 054 mètres carrés, soit 35 % de la surface totale, seront démolis. Les espaces ainsi libérés seront réaménagés par la municipalité en cheminements piétonniers agrémentés de plantations.
« Cette aération vise à renforcer l’attractivité de la rue Paul-Signac, tout en répondant aux enjeux de qualité de vie et de développement durable pour les résidents », résume Robert Kechechian.
Une dynamique de renouvellement urbain
Cette opération s’inscrit dans la transformation globale de Solaure, classé quartier prioritaire de la politique de la ville en 2024. La municipalité a engagé ce mouvement de rénovation urbaine dès son deuxième mandat, avec des résultats déjà visibles.
Un nouveau centre social de 750 mètres carrés a récemment été inauguré. Entre fin 2023 et 2024, Habitat & Métropole a également mené un vaste chantier sur 18 immeubles des rues du Président-Masaryk et Ambroise-Paré : dix bâtiments ont été détruits (101 logements rasés) et huit restructurés (110 logements), pour un montant total de 8,5 millions d’euros.

