Un groupe de travail pour couvrir vos pertes d’exploitation

Les PME/PMI, les com­mer­çants et arti­sans de la Loire vont être tou­chés par ce long confi­ne­ment. Emma­nuel Macron l’a annon­cé hier soir, le confi­ne­ment est ral­lon­gé jusqu’au 11 mai. Les rideaux des bou­tiques de Saint-Etienne res­te­ront donc fer­més encore pen­dant quelques semaines. Un groupe de tra­vail asso­ciant les assu­reurs et le minis­tère des finances doit être lan­cé cette semaine. Objec­tif : mieux cou­vrir les pertes d’exploitation des entre­prises.

Pour l’heure, les com­pa­gnies d’assurance de la Loire n’ont pas don­né de vraies solu­tions à leurs assu­rés. Pour Éric, de Saint-Etienne, « Mon contrat ne couvre pas ce genre de catas­trophe. Cette crise sani­taire, c’est inédit et mon assu­rance ne rem­bourse pas mes pertes qui sont de l’ordre de 150 000 euros ».

Les assu­rances doivent être au ren­dez-vous

Le ministre de l’économie, Bru­no Le Maire, a appe­lé à plu­sieurs reprises la pro­fes­sion à par­ti­ci­per à l’effort de soli­da­ri­té natio­nale. « Les assu­rances doivent être au ren­dez-vous de cette mobi­li­sa­tion éco­no­mique, j’y serai atten­tif », a lan­cé, à son tour, Emma­nuel Macron lors de son allo­cu­tion télé­vi­sée, lun­di 13 avril. Une décla­ra­tion saluée par l’Union des métiers et des indus­tries de l’hôtellerie (UMIH), le pre­mier syn­di­cat patro­nal des cafés, hôtels, res­tau­rants et éta­blis­se­ments de nuit. « Le monde de l’assurance va peut-être pro­chai­ne­ment être aux côtés des entre­prises », a réagi son pré­sident Roland Héguy.

 De nom­breux sté­pha­nois regrettent le manque de clar­té dans leurs contrats d’assurance. « Contrats qui ne couvrent pas les pertes d’exploitation s’il n’y a pas eu de dom­mages tels qu’un incen­die ou un bris de machine. Nous ne sommes donc pas la pro­fes­sion en pre­mière ligne », indi­quait au Monde Flo­rence Lust­man, la pré­si­dente de la Fédé­ra­tion fran­çaise de l’assurance (FFA), le 5 mars der­nier.

Enga­ger une réflexion de fond, dans un délai de deux mois

Le sec­teur de l’assurance estime, de son côté, avoir déjà cor­ri­gé le tir. Les com­pa­gnies s’étaient déjà enga­gées à ver­ser 200 mil­lions d’euros au Fonds natio­nal de soli­da­ri­té en faveur des petites entre­prises et des indé­pen­dants, dont la créa­tion fait par­tie des mesures d’aide déployées par le gou­ver­ne­ment. Elles pro­posent désor­mais de contri­buer à hau­teur de 400 mil­lions d’euros. Elles pré­parent éga­le­ment un plan d’investissement d’1,5 mil­liard d’euros dans les PME et les ETI, notam­ment dans le sec­teur de la san­té. Elles estiment par ailleurs à 500 mil­lions d’euros les remises com­mer­ciales accor­dées à leurs clients assu­rés.

Selon « Le Monde », à l’initiative du minis­tère des finances, un groupe de tra­vail va être consti­tué cette semaine, qui asso­cie­ra le minis­tère, les assu­reurs « et cer­tai­ne­ment des par­le­men­taires, des per­son­na­li­tés qui font consen­sus », indique un par­ti­ci­pant. « L’idée est d’engager une réflexion de fond, dans un délai de deux mois, afin de mieux cou­vrir col­lec­ti­ve­ment les pertes d’exploitation si demain nous devions à nou­veau faire face à une épi­dé­mie », indique une source à Ber­cy. Les pro­po­si­tions de ce groupe de tra­vail sont atten­dues d’ici à la fin du mois de juin.

Arthur BA

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