Il y a des défaites qui résument une saison entière. Vendredi soir à l’Allianz Riviera, dans un huis clos spectral, l’ASSE a vécu les dix minutes les plus cruelles de son exercice 2024-2025. Jusqu’à la 79e minute, l’espoir était intact. Puis tout s’est effondré. Score final : 4-1. Et une deuxième saison consécutive en Ligue 2 qui se dessine, logique au regard des 38 journées écoulées, cruelle au regard des 80 minutes de résistance de ce vendredi soir.
Un scénario cruel, une blessure fatale
Pendant une heure et demie, les Verts avaient tenu. Larsonneur avait été impérial dans ses buts, multipliant les parades décisives. Stassin avait buté sur le poteau et sur le hors-jeu. La charnière Bernauer-Le Cardinal avait tenu bon, jusqu’à ce que le second ne puisse pas reprendre après la pause, sorti sur blessure. Un tournant que Philippe Montanier a lui-même identifié comme décisif : privés d’un défenseur central qui n’avait pas encaissé le moindre but aux côtés de Bernauer, les Verts ont reculé, subi, et finalement rompu.
Clauss ouvrait le score sur une mauvaise relance stéphanoise (62e). Un penalty sévère permettait à Davitashvili d’égaliser (79e) et de faire brièvement renaître l’espoir. Puis Boudache redonnait l’avantage à Nice après une faute non sifflée sur Nadé (81e). Et Wahi, intenable tout au long de la soirée, fermait définitivement le dossier d’un doublé en fin de match (87e, 90e+2).
Wahi, le facteur X que les Verts n’avaient pas
Il y avait Nice, et il y avait Elye Wahi. L’attaquant niçois a incarné à lui seul ce qui a manqué à l’ASSE tout au long de la saison : un joueur capable de faire la différence dans les moments décisifs. Créatif, combatif, décisif, il a terminé la soirée avec deux buts et une influence constante sur le jeu azuréen. En face, les Verts ont cherché ce profil sans jamais vraiment le trouver.
Ce résultat ne s’explique pas seulement par une soirée niçoise. Il s’explique par neuf points laissés contre Bastia, Troyes et Rodez. Par une première partie de saison manquée sous Eirik Horneland. Par une série de blessures longue comme un couloir d’infirmerie, Lamba, Bernauer, Jaber, Tardieu, Stassin ont tous connu l’indisponibilité, mais aussi par une profondeur de banc qui aurait dû permettre de ne pas dépendre des barrages. La belle série de février-mars, sept victoires et un nul, n’a pas suffi à rattraper les errements accumulés.
Dans le vestiaire, les mots ont été durs. Le capitaine Larsonneur a reconnu un manque de professionnalisme, de rigueur et d’éthique. Le Cardinal, blessé et dépité, a parlé de gâchis, estimant que tout était entre les mains des Verts et que le travail n’avait pas été fait. Tous deux ont évoqué la dette envers des supporters qui ont tout donné, 612 000 entrées cette saison, neuf matchs à guichets fermés, pour une équipe qui, au bout du compte, ne les a pas récompensés.
L’été des questions
Dès maintenant, les interrogations s’accumulent sur la direction sportive. Faut-il tout reconstruire ou ajuster ? Le mercato a-t-il été trop ambitieux ou mal ciblé ? Le staff mis en place est-il le bon ? Larsonneur lui-même a admis qu’il y avait « pas mal de choses à changer ». Le Cardinal a réclamé du sang frais. Une chose est certaine : la troisième saison en Ligue 2 ne pourra pas se permettre le même scénario. Les supporters stéphanois, eux, méritent mieux.


