Le service des Urgences anticipe une hausse des admissions dans les jours à venir, en particulier parmi le public âgé et fragile. Face à cette situation sanitaire exceptionnelle, le gouvernement a activé mercredi le plan Orsan de niveau 2, avant que le Premier ministre Sébastien Lecornu n’annonce, dès jeudi, le passage au niveau 3, le plus élevé du dispositif. Christophe Martinat, directeur de l’établissement de Firminy, précise que ce niveau prévoit des mesures d’adaptation pouvant aller jusqu’à la suspension ou au report de certaines interventions non urgentes, tout en permettant de renforcer les effectifs hospitaliers ainsi que la coordination entre les établissements et la médecine de ville.
Un flux encore soutenu mais habituel aux Urgences
Pour l’instant, la situation reste maîtrisée au sein de l’établissement appelou. Le docteur François Ballereau, responsable du service des Urgences, indique que le flux de patients demeure soutenu mais conforme à la normale, tout en notant quelques cas supplémentaires de coups de chaud, notamment chez des sportifs ayant pratiqué une activité en pleine canicule. Ces patients sont réhydratés puis rapidement autorisés à rentrer chez eux, sans nécessiter d’hospitalisation. Le service constate également une légère augmentation du nombre de patients ayant consommé de l’alcool en excès sous une forte chaleur. Le médecin urgentiste s’attend néanmoins à une montée en charge prochaine, s’appuyant sur une augmentation de 20 % des appels au Samu sur le territoire, un indicateur qui précède habituellement, selon son expérience, une hausse d’activité aux Urgences dans les jours suivants.
Des hospitalisations attendues chez les personnes fragiles
Le docteur Ballereau confirme s’attendre, dans les prochains jours, à une augmentation du nombre de patients nécessitant une hospitalisation, en particulier des personnes souffrant de maladies chroniques, d’insuffisance cardiaque ou des personnes âgées fragiles. Il souligne que les patients les plus exposés restent ceux qui vivent encore à domicile, les Ehpad ayant désormais acquis une bonne maîtrise des mesures de prévention contre la canicule. Il assure que l’établissement dispose des capacités nécessaires pour absorber ce pic d’activité, avec des ajustements possibles selon son ampleur, tout en précisant ne pas anticiper une situation prolongée comparable à une épidémie hivernale s’installant sur plusieurs mois.
Patients hospitalisés et personnels doivent composer avec une chaleur diversement supportable selon les bâtiments. Le directeur reconnaît que l’établissement n’est pas climatisé partout : le service des Urgences, sans climatisation à proprement parler, bénéficie tout de même d’un système de rafraîchissement jugé pour l’instant suffisant malgré les fortes chaleurs. Le bâtiment AB, récemment rénové, dispose d’un rafraîchissement dans ses espaces communs, mais pas dans les chambres. À l’Ehpad, deux pièces climatisées sont accessibles au rez-de-chaussée, et des climatiseurs mobiles ont été installés dans les salles de restauration et de repos, sans pour autant équiper les chambres des résidents.
Une attention renforcée pour les personnes âgées
Le docteur Ballereau rappelle que les personnes âgées ressentent souvent moins bien la chaleur et se déshydratent plus rapidement. Un agent a ainsi été spécifiquement chargé de veiller à ce que les résidents de l’Ehpad s’hydratent suffisamment tout au long de la journée. Les repas ont également été adaptés, avec davantage de plats froids et des distributions de glaces et de rafraîchissements. De nouveaux climatiseurs viennent par ailleurs d’être installés dans les offices du bâtiment L, où le personnel effectue notamment la vaisselle. Le directeur souligne la forte mobilisation des équipes, elles-mêmes éprouvées par la chaleur, mais toujours attentives aux besoins des patients. Les consignes nationales habituelles sont appliquées dans l’ensemble de l’établissement : fermeture des stores, ouverture des fenêtres la nuit et hydratation régulière.
À la maternité, jeunes mères et nourrissons en première ligne
À la maternité, des ventilateurs et des brumisateurs sont mis à disposition des mères, sans toutefois rendre la chaleur réellement supportable. Vanessa, qui vient de donner naissance à son cinquième enfant, un petit garçon prénommé Timéo, n’a qu’une envie : rentrer chez elle au plus vite. Elle explique avoir demandé une sortie anticipée, la situation devenant difficile tant pour elle que pour son bébé, qu’elle allaite et qui se montre très demandant, alors que la chaleur empêche toute aération efficace et complique le sommeil. Deux jours après son accouchement, elle attend encore le feu vert de la sage-femme pour rentrer à son domicile. Le bâtiment C, qui abrite la maternité ainsi que la chirurgie et les soins intensifs, n’est pas rafraîchi, à l’exception du bloc opératoire, soumis à une obligation réglementaire en la matière. Le directeur de l’hôpital annonce que les prochains grands travaux de rénovation cibleront précisément ce bâtiment, avec une isolation extérieure et une végétalisation des terrasses destinées à faire baisser les températures.


