Deux gendarmes à cheval ont inauguré un dispositif de sécurisation original à Villerest qui pourrait bien révolutionner la prévention estivale dans la Loire.
Dimanche et lundi après-midi, les gendarmes ont effectué leurs premières patrouilles équestres sur la commune de Villerest. Installées sur leurs montures Hawaï et Garfield, elles ont sillonné les abords de la plage et le reste du territoire communal de 16h à 20h.
Cette expérimentation résulte d’un partenariat tripartite entre la commune, la gendarmerie et les Écuries de Champlong, illustrant une approche collaborative innovante en matière de sécurité publique.
Des gendarmes expérimentées aux commandes
Les deux représentantes de l’ordre ne découvrent pas cette modalité de service. Elles avaient déjà participé l’année précédente à des patrouilles équestres à Saint-Galmier dans le cadre de la sécurisation des Jeux Olympiques, acquérant ainsi une expérience précieuse pour cette nouvelle mission.
Marianne Astier, gendarme rattachée à la brigade de Charlieu, s’est portée volontaire pour ce dispositif qui lui permet de conjuguer mission professionnelle et passion personnelle. Pratiquant l’équitation aux Écuries de Champlong, elle trouve dans cette affectation un équilibre parfait entre devoir et plaisir.
Les premiers contacts avec le public se révèlent particulièrement positifs. Les gendarmes constatent une attitude respectueuse des usagers du site et une curiosité bienveillante, notamment de la part des plus jeunes qui n’hésitent pas à approcher les chevaux.
Cette proximité favorise naturellement les échanges et contribue à créer un lien de confiance entre les forces de l’ordre et la population estivale. En deux journées de patrouille, aucun comportement répréhensible n’a été relevé, témoignant peut-être déjà de l’effet dissuasif de cette présence.
Une approche préventive privilégiée
La mission des gendarmes équestres se concentre principalement sur la prévention et la pédagogie. Leur intervention cible particulièrement deux problématiques récurrentes : la circulation illégale de véhicules à moteur sur les chemins interdits et le non-respect des interdictions de baignade.
Cette approche douce privilégie le rappel à l’ordre et l’explication plutôt que la sanction immédiate, s’inscrivant dans une logique de sensibilisation des usagers aux règles de sécurité et de respect de l’environnement.
Philippe Perron, maire de Villerest, se félicite de cette innovation sécuritaire. La commune a prévu de financer une dizaine de vacations durant la saison estivale, chaque demi-journée de mise à disposition des chevaux coûtant 120 euros.
Ce tarif paraît raisonnable au regard du service rendu, offrant à la commune une présence permanente des forces de l’ordre sur son territoire pendant les périodes de forte affluence touristique.
Hervé Gerin, sous-préfet de Roanne, souligne l’impact psychologique positif de cette approche. Selon lui, la perception d’un gendarme à cheval diffère fondamentalement de celle d’un agent en tenue traditionnelle, véhiculant une image apaisée de la sécurité publique.
Cette surveillance en surplomb offre également des avantages tactiques indéniables, permettant une vision élargie du terrain et un effet dissuasif renforcé.
Un dispositif aux multiples atouts
Le commandant Guillaume Boucher, initiateur de cette patrouille équestre dans le cadre du Plan départemental de restauration de la sécurité du quotidien, énumère les bénéfices de cette approche. L’aspect imposant du couple cheval-cavalier constitue un élément dissuasif naturel pour les perturbateurs potentiels.
La mobilité exceptionnelle des montures permet d’accéder à des zones difficiles d’accès pour les véhicules traditionnels, tandis que leur endurance supérieure à celle des patrouilles cyclistes offre une couverture territoriale optimisée.
L’expérience villerestoise pourrait inspirer d’autres communes, notamment dans les monts de la Madeleine selon Guillaume Boucher. Cependant, le développement de ce dispositif se heurte à une contrainte majeure : la rareté des gendarmes formés à l’équitation.
La Loire ne compte que quatre gendarmes qualifiés, et l’un d’entre eux doit prochainement rejoindre la Garde républicaine, réduisant encore ces effectifs spécialisés. Cette pénurie constitue le principal frein à la généralisation de cette approche prometteuse.


