L’aventure a débuté en août 2024 avec l’inauguration du centre du sommeil de la Mirandole, installé dans les anciens locaux de la discothèque Le Privé. Cette structure accueille trois spécialistes du sommeil et développe continuellement son offre de services.
Les praticiens ont notamment établi un partenariat avec la clinique du Renaison pour proposer des parcours thérapeutiques contre l’insomnie dès l’automne. En mai dernier, ils ont également lancé une activité d’exploration diurne comprenant des tests de maintien de l’éveil, particulièrement utiles pour évaluer l’aptitude à la conduite.
Un concept breveté promis à un bel avenir
Le docteur Fabrice Charles, concepteur et propriétaire de ce hameau médical breveté, a acquis une parcelle de 1,3 hectare pour développer son projet. Cette surface permettra d’accueillir plusieurs bâtiments spécialisés, avec le centre du sommeil comme pierre angulaire de l’ensemble.
La stratégie commerciale propose plusieurs options aux professionnels intéressés : location pure, location-vente avec déduction des loyers versés, ou achat direct. Cette flexibilité a déjà séduit plusieurs praticiens, à l’image d’une pneumologue initialement locataire qui a finalement opté pour l’acquisition.
L’objectif est de fixer des professionnels de santé sur le territoire qui ont quand même tendance à avoir un petit nomadisme médical, explique le Dr Charles. Cette approche vise à stabiliser l’offre de soins dans une région confrontée aux difficultés de recrutement médical.
Un centre d’ophtalmologie flambant neuf
Le 18 août marquera l’ouverture du centre d’ophtalmologie, première extension majeure du hameau. Les docteurs Mehran Auckburally, Charles Lambert et Florian Philidet quittent leurs locaux actuels de la maison médicale du Renaison pour s’installer dans un bâtiment de 560 m² qu’ils ont fait construire.
Cette migration leur permet de doubler quasiment leur surface utile, passant de 330 m² à plus de 560 m², avec des réserves foncières pour de futures extensions. « On était à l’étroit et on avait la volonté d’augmenter l’effectif médical, avec un quatrième ophtalmologue qu’on recherche activement », précise le Dr Philidet.
Le déménagement s’accompagne d’un renouvellement complet du matériel médical. Les trois praticiens ont mutualisé leurs investissements pour acquérir des équipements de dernière génération, tout en améliorant les conditions de travail de leur quinzaine de collaboratrices avec des espaces de détente dédiés.
Un laboratoire GLBM pour sécuriser l’offre
L’installation du laboratoire d’analyses médicales GLBM (ex-Bouvier) dans un futur bâtiment de 800 m² sur deux étages constitue un autre pilier du projet. Cette implantation répond à une double logique : profiter du flux patient attendu et sécuriser la présence du laboratoire face à la concurrence.
« Il vient car il y aura à terme 1500 à 2000 patients par jour, sans compter les futurs projets sur les deux parcelles supplémentaires », justifie le Dr Charles. Cette stratégie défensive s’accompagne d’une approche offensive avec la construction d’un laboratoire concurrent à Renaison, prévu pour l’automne.
Le bâtiment du laboratoire accueillera également d’autres professionnels : neurologue, psychothérapeute, et une douzaine de bureaux restent disponibles. Certains espaces seront loués à la journée pour permettre à des spécialistes extérieurs de consulter ponctuellement.
Un centre de gynécologie en préparation
Un troisième bâtiment de 800 m² répartis sur deux étages abritera un centre de gynécologie regroupant plusieurs spécialistes du territoire. Cette structure accueillera aussi d’autres professionnels, notamment en chirurgie esthétique (sans bloc opératoire sur place) et des médecins généralistes.
Des services annexes pour fidéliser les soignants
Le projet dépasse la simple juxtaposition de cabinets médicaux pour proposer un véritable écosystème. Une salle de sport de 80 m² destinée aux personnels médicaux et paramédicaux ouvrira à l’automne, accompagnée de projets de crèche associative et de restauration collective.
« L’idée c’est de proposer à des soignants les conditions qu’ils ne trouveront pas ailleurs », explique le Dr Charles, reconnaissant qu’il ne peut rivaliser avec les tarifs préférentiels des maisons médicales communales mais mise sur la qualité de l’environnement professionnel.
Un flux patient considérable attendu
L’ampleur du projet se mesure aux infrastructures prévues : 200 places de stationnement pour accueillir un flux quotidien estimé entre 1500 et 2000 patients. Ces chiffres témoignent de l’ambition de créer un véritable pôle médical régional capable d’attirer une patientèle large.
Un projet de dialyse avorté
Le développement n’est pas exempt de déceptions. Un centre de dialyse porté par deux néphrologues extérieurs et prévu pour une douzaine de places quotidiennes a été refusé par l’Agence régionale de santé. Cette décision intervient malgré des besoins identifiés, certains patients roannais devant actuellement se rendre à Lyon pour leurs séances.
L’ARS a justifié son refus par « des raisons de non-réactualisation des grilles tarifaires liées à la dialyse et un besoin pas clairement identifié sur le territoire ». Les porteurs du projet ont finalement déplacé leur initiative vers un autre territoire.
Une dynamique qui attire les candidats
Malgré ce revers, le Dr Charles se montre optimiste quant à l’avenir du hameau. « On a été contactés par beaucoup de médecins pour des spécialités qui n’existent pas encore sur le territoire », confie-t-il sans révéler les détails. Cette attractivité témoigne de la pertinence du concept et de son potentiel de développement.


