Une réouverture marquée par l’émotion
Près de 200 invités ont bravé le froid vendredi pour assister au lancement officiel. Certains, comme Éric, ont retrouvé avec émotion un lieu qui avait marqué leur passé. « J’espère qu’après tous ces travaux très chers, ce bâtiment va vraiment revivre », a-t-il confié. D’autres, comme un président d’association, ont découvert l’église pour la première fois, motivés par l’idée d’y organiser des projets culturels.
Le mapping vidéo, le concert du Conservatoire municipal et le spectacle de danse de la compagnie Voltaïk ont donné le ton d’une programmation audacieuse. « Le choix de passer du sacré au profane symbolise la transition entre deux époques », a expliqué Adrien Bernard, directeur du Conservatoire.
Un projet ambitieux et complexe
La réhabilitation de Notre-Dame n’a pas été de tout repos. Gérard Ducarre, ancien maire, a rappelé les nombreuses difficultés rencontrées lors de la déconstruction du clocher en 2004. Fabien Praud, directeur du service des bâtiments et du patrimoine, a souligné les délais serrés pour préparer la réouverture. « Nous avons eu moins d’un an pour gérer les démarches administratives, les consultations, les appels d’offres et le chantier. »
Le projet a mobilisé des équipes pluridisciplinaires et nécessité des ajustements majeurs, notamment sur la façade, validés par l’Unité départementale de l’architecture et du patrimoine (UDAP).
Entre critiques et émerveillement
Les visiteurs, venus nombreux samedi, ont découvert les lieux par vagues successives, limitées à 300 personnes pour des raisons de sécurité. Si certains ont été séduits, d’autres ont émis des réserves. « Je n’apprécie pas le mélange du classique et du moderne », a regretté Hélène. Joëlle, elle, a été déçue par « des rénovations pas terminées » et le mapping qu’elle n’a pas trouvé à son goût.
Mais pour d’autres, l’émerveillement était au rendez-vous. « Cela met en valeur le volume du bâtiment », a remarqué Geneviève. Josiane, enthousiaste, envisage même de venir chanter avec sa chorale. Quant à Bernard, il a comparé l’expérience aux Carrières des Lumières des Baux-de-Provence, saluant une mise en scène spectaculaire.
Un symbole pour la ville
Cette transformation ne passe pas inaperçue. Monseigneur Sylvain Bataille, évêque, a salué le « réalisme » de la communauté chrétienne dans ce projet. « Un beau travail a été accompli avec la municipalité pour redonner vie à ce lieu et lui offrir une nouvelle mission. »
Le maire Axel Dugua s’est réjoui de rendre ce patrimoine aux habitants : « La mue entre son passé cultuel et sa nouvelle histoire laïque s’opère sans gommer ce qui a existé. » Le sous-préfet Dominique Schuffenecker a également rappelé l’implication de l’État dans cette reconversion réussie.
Une nouvelle page culturelle
Entre les concerts, les spectacles et les projets en devenir, Notre-Dame semble bien partie pour s’imposer comme un espace culturel incontournable. « On a l’impression d’assister à une renaissance », a murmuré un spectateur lors des premières notes du concert d’ouverture.
Le défi maintenant ? Faire de Notre-Dame un lieu vivant, capable de séduire aussi bien les mélomanes que les amoureux du patrimoine. Une mission ambitieuse qui, déjà, semble tenir ses promesses.


