Lancé en 2019 par le groupe stéphanois Atrium, le projet de marché couvert sur l’ancien site Sacca accumule les retards. « Il y a eu des difficultés administratives, les opérations de dépollution ont été longues et je ne suis devenu propriétaire qu’en 2024 », justifie Sébastien Barthélémy, PDG d’Atrium dans les ligne de nos camarades du Progrès.
La pose de première pierre en novembre 2024, avec le maire Gérard Dubois, semblait marquer un tournant. Huit mois plus tard, la réalité déchante. Depuis mai, les travaux sont totalement interrompus a cause d’une coupure de courant dans une partie du quartier Saint-Laurent. L’hostilité du tissu commercial local s’affiche sans détour.
Anthony Pitiot, boulanger du quartier, partage ce scepticisme : « J’ai tout de suite dit non. Je n’y crois pas. » explique t’il au Progrès.
Les commerçants ambulants du marché bi-hebdomadaire redoutent cette concurrence déloyale. Certains pensent qu’il n’y a pas de places pour tous les commerçants sans une petite ville comme Veauche.
Benoit Porte, producteur de fruits, questionne la viabilité : « Il n’y a pas de la place pour tout le monde surtout dans une petite ville comme Veauche. »
Contexte concurrentiel défavorable
La fermeture des Halles Mazerat stéphanoises et l’ouverture récente des Halles Essentielles à La Fouillouse compliquent l’équation économique. Cette saturation du marché des halles gourmandes régionales alimente les doutes sur la pertinence du projet veauchois.
L’ambition nationale de Terroir accumule les déboires. Valence retardé par des martinets nicheurs, Léguevin bloqué par des problèmes d’aménagement, Domérat enlisé dans l’administratif : aucune des quatre halles annoncées n’ouvrira en 2025.
Saint-Genest-Lerpt et Bourges ont rejeté les projets Terroir, respectivement pour non-conformité aux orientations du plan local d’urbanisme et menace sur le commerce de centre-ville. Ces refus illustrent la résistance territoriale au concept. L’ironie du sort : Terroir, devenu partenaire de l’ASSE, annonçait ses ouvertures autour de Geoffroy-Guichard pour des projets qui ne verront jamais le jour en 2025. Cette saga veauchoise montre des difficultés des projets commerciaux face aux lourdeurs administratives françaises. Et c’est bien dommage.


