©Ville de Saint-Etienne.
Ce projet, qui n’en est plus un puisque le contrat est signé pour un montant de 200 000 euros, fait débat parmi les habitants. La beauté de l’œuvre reste au goût de chacun, mais beaucoup pensent que la somme aurait pu être utilisée à des fins plus utiles. À chacun de se faire son avis.
Cette étoile métallique de cinq mètres de hauteur, baptisée « Terrenoire Puramour », a été présentée aux habitants jeudi dernier par l’artiste à la réputation internationale. L’artiste conçoit son œuvre comme « un point de lumière et de rassemblement, qui reflétera les habitants du quartier ». Cette structure aux ondulations caractéristiques transformera visuellement les viaducs environnants, modifiant leur perception habituelle grâce à ses jeux de reflets et sa géométrie particulière.
Le nom choisi pour l’installation révèle la philosophie de l’artiste : « seul l’amour sous toutes ses formes et ses intensités constitue le ciment du vivre-ensemble ». Un crassier inspiré de la montagne emblématique de la Paramount complétera cette structure, créant un ensemble cohérent ancré dans l’imaginaire collectif.

Jean-luc verna : artiste total aux multiples facettes
Depuis trois décennies, Jean-Luc Verna développe un art protéiforme où le dessin constitue la colonne vertébrale. Sculpteur, photographe, musicien et danseur, il utilise également son corps comme medium créatif, assumant pleinement son esthétique punk et ses tatouages faciaux.
Face aux interrogations d’une résidente sur son apparence, l’artiste répond avec franchise : « Je suis un ancien punk, j’ai toujours fait peur. Ma voix est aussi douce que mon visage est dur. Je préfère ça plutôt qu’avoir l’air doux et faire des choses horribles. » Cette authenticité caractérise son approche de l’art public.
Plusieurs interventions pédagogiques sont programmées avec Jean-Luc Verna, incluant un programme d’actions de médiation et d’éducation artistique destiné aux habitants. Des temps spécifiques seront organisés pour les scolaires du quartier, favorisant l’appropriation locale de l’œuvre.
Une découverte contrastée de saint-étienne
L’artiste exprime sa surprise devant « une ville verte, plus colorée que ce qu’on m’en a dit », tout en se disant « atterré » par le nombre de commerces fermés. Cette perception nuancée témoigne de son regard attentif aux réalités urbaines contemporaines.
Rassurant quant à la solidité de l’installation, Jean-Luc Verna précise : « Elle a l’air seulement posée, mais elle tiendra bien. Elle sera ancrée au sol. » L’artiste espère que cette œuvre publique, « faite pour les gens », trouvera sa place dans le cœur des habitants.
Une exposition préparatoire à la médiathèque
En attendant l’installation estivale, la médiathèque de Terrenoire expose quelques dessins de l’artiste jusqu’au 30 juin. Cette présentation permet aux habitants de se familiariser avec l’univers créatif de Jean-Luc Verna selon des horaires d’ouverture adaptés : mardi 14h-18h30, mercredi 9h-12h et 14h-18h30, vendredi 13h-18h30 et samedi 9h-13h.


