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L’histoire débute le 1er décembre 2025, lorsque le prévenu, habitant d’Ouches, installe discrètement un tracker GPS sur le véhicule de sa compagne qu’il soupçonne d’infidélité. L’appareil confirme ses doutes en la localisant dans un hôtel où elle a retrouvé son amant.
Cette surveillance technologique, forme moderne de harcèlement conjugal, marque le début d’une journée qui va basculer dans la violence. Gagné par des envies suicidaires, l’homme avale alors 25 sachets d’anxiolytiques. « J’étais excessivement mal », expliquera-t-il ensuite aux enquêteurs.
Une violence décuplée par l’emprise médicamenteuse
Lorsque sa compagne souhaite rentrer au domicile conjugal, le quadragénaire, qu’il décrit lui-même comme « chargé comme une mule », lui refuse l’accès. Il déchire une partie de ses vêtements mis en tas dans le jardin et tente d’y mettre le feu.
Puis il saute par la fenêtre pieds nus pour la rattraper. Il la traîne par terre et la violente en hurlant : « C’est ma voiture, ma maison, c’est moi qui ai tout payé », dans une volonté obsessionnelle de récupérer la clé du véhicule ayant servi à rejoindre l’amant.
Alerté par les cris de la victime, un homme tente d’intervenir mais reçoit un coup. Un véhicule est également dégradé durant cette scène de violence.
Un black-out total pour le prévenu
Vendredi au tribunal de Roanne, le prévenu affiche un calme impressionnant qui contraste avec l’état second dans lequel il se trouvait lors des faits. Après avoir initialement nié, il reconnaît finalement les violences à l’audience, tout en affirmant ne s’en souvenir à cause d’un black-out lié au « shoot médicamenteux ».
Me Clara Favrichon, son avocate, insiste sur cet état second : « On a eu quatre jours pendant lesquels il était complètement shooté. Il a choisi de prendre des médicaments pour en finir avec cette ‘vie de merde' ».
Une volonté de montrer qui porte la culotte
Pour Me Adeline Tillier, avocate de la victime, les faits révèlent des mécanismes de domination bien plus profonds. « On est en présence d’un couple parental et plus conjugal », observe-t-elle, notant une dégradation de la vie commune depuis cinq ans.
Un premier adultère avait déjà eu lieu en 2023. « Il y a une volonté d’humilier madame, de montrer qui porte la culotte à la maison », ajoute l’avocate qui réclame 1 800 euros de préjudice moral et 300 euros pour les vêtements dégradés. Le couple s’est depuis séparé, actant la fin d’une relation marquée par l’emprise et la violence.
12 mois avec sursis probatoire et obligation de soins
Le procureur avait requis 14 mois de prison avec sursis probatoire. Le tribunal a finalement condamné le quadragénaire à 12 mois avec sursis probatoire pendant deux ans.
Cette peine s’accompagne d’une obligation de soins psychologiques et addictologiques, ainsi que d’une obligation d’indemniser les victimes. Le prévenu, piteux à l’audience, a présenté ses excuses.


