Panneaux et tracts seront distribués aux spectateurs pour alerter sur l’utilisation d’animaux sauvages captifs et dressés lors du tournage. Selon les informations communiquées par la production elle-même, sept autruches adultes et sept bébés autruches ont été acquises auprès d’un élevage pour le cuir au Maroc, puis dressées pendant un mois et demi par cinq personnes. D’autres animaux apparaissent dans le film : deux fennecs issus de saisies de braconnage, une tortue provenant d’une famille saharienne, un scorpion capturé puis relâché et un vautour filmé en France. Un guépard, lui, provient d’une banque d’images, la seule technique que PAZ recommande pour représenter des animaux sauvages à l’écran.
Une contradiction dénoncée de longue date
Pour PAZ, le cas de Gilles de Maistre illustre une hypocrisie systématique. Ses films, de « Mia et le lion blanc » à « Le dernier jaguar » en passant par « Le loup et le lion », dénoncent avec force la chasse en enclos, les cirques et le trafic d’animaux sauvages. Mais derrière la caméra, le réalisateur recourt aux mêmes pratiques qu’il condamne : captivité à vie, dressage par séparation des mères et de leurs petits, transports éprouvants. L’association estime que la cause animale constitue davantage un filon commercial qu’un engagement sincère.
Un combat législatif et industriel
PAZ réclame l’interdiction de l’exploitation des animaux sauvages pour la création artistique, dans le prolongement de la loi contre la maltraitance animale adoptée en 2021, qui interdira les animaux sauvages dans les cirques itinérants à partir de 2028. L’association interpelle également les co-producteurs du film, Mediawan et Studio Canal, ainsi que les chaînes de télévision qui financent le cinéma français. France Télévisions a déjà fait évoluer son code de conduite en ce sens, mais PAZ souhaite que cette disposition devienne contraignante. Studio Canal s’est engagé à ne plus produire de films de Gilles de Maistre, sans toutefois renoncer à les distribuer.


