Lundi, les avocats de Gilles Artigues avaient signalé la présence de Véronique Falzone dans la salle. La présidente de la cour avait immédiatement tranché : ayant adressé un courrier à la juridiction faisant d’elle un témoin potentiel, elle ne pouvait assister aux débats. Disqualifiée, son témoignage écarté, elle avait quitté la salle en maugréant. Absente mardi, l’ancienne conseillère déléguée au bien-être animal, élue dans la majorité Perdriau de 2020 à 2026, était de retour mercredi dans les couloirs du palais de justice de Lyon, cette fois en simple spectatrice. Et elle avait des choses à dire.
« Quand il a parlé de 20 000 euros, j’ai cru tomber à la renverse »
Véronique Falzone dit avoir rencontré Gilles Rossary-Lenglet en 2012. C’est lui qui l’introduit progressivement dans les cercles politiques locaux et auprès de Gaël Perdriau. Fin 2014 ou début 2015, le barbouzeur vient la trouver avec une proposition : faire transiter via son association de défense animale une somme qu’elle devrait lui remettre en liquide. Quand il annonce le montant, 20 000 euros, elle dit avoir failli tomber de sa chaise. Elle tergiverse, puis un jour il la rappelle pour lui dire qu’il a trouvé quelqu’un d’autre. Soulagée, elle n’y pense plus.
Quand l’affaire éclate en 2022, Rossary-Lenglet lui demande de déclarer devant le juge d’instruction que c’est Kéfi-Jérôme, et non lui, qui l’avait approchée. Elle ment. Elle le reconnaît sans détour, et dit l’avoir avoué dès le premier procès. Sa justification : la peur. Car Gilles Rossary-Lenglet, dit-elle, transforme systématiquement ses amis d’un jour en ennemis à détruire.
Un courrier de 16 pages à la présidente de la cour
Il y a environ trois semaines, Véronique Falzone a rédigé un courrier de 16 pages adressé à la présidente de la cour d’appel, contenant des enregistrements datant de 2024-2025 qu’elle dit révélateurs de l’état d’esprit de Rossary-Lenglet. Sa thèse : en révélant le kompromat à Mediapart, l’ancien communicant cherchait avant tout à se mettre en scène et à publier un livre. La présidente s’est d’ailleurs étonnée que ce courrier lui ait été adressé personnellement, son nom n’ayant pas circulé dans la presse. Réponse de l’ancienne élue : il n’avait pas été difficile à trouver.
Elle insiste : sa démarche n’avait pas pour objet de disculper Gaël Perdriau. Elle n’était pas là en 2014, dit-elle, et n’a récolté les conséquences de l’affaire qu’à partir de 2022. Si elle est venue au tribunal cette semaine, c’est pour une raison avant tout personnelle : tourner la page avec Rossary-Lenglet. Pas vraiment un happy end.


