Sur le marché de la place Albert-Thomas ce jeudi matin, la question du procès Perdriau provoque surtout des grimaces. Les retraités Jean et René résument d’une formule le sentiment dominant : ça les a gavés. Isabelle préfère ne plus en entendre parler. Grégory, lui, lit encore les comptes-rendus mais le reconnaît sans détour : l’intérêt général est retombé, et le sien aussi. Hugo, étudiant à l’université Jean-Monnet, confirme : sans l’excitation du verdict inédit, il suit ça de loin désormais. L’affaire Patrick Bruel, le meurtre de Lyhanna, d’autres sujets ont capté l’attention.
Quelques fidèles au feuilleton
Il faut descendre du marché vers la terrasse du Bistrot Gaga pour trouver des Stéphanois encore attentifs au déroulé des audiences. Jean-Paul suit le procès quotidiennement, fasciné par la défense de l’ancien maire qu’il juge inchangée depuis le premier procès. Son ami Gérard, lui, suit par devoir civique autant que par indignation : cette nouvelle audience ternit encore l’image de la ville. Les deux compères, non sans humour, imaginent déjà Perdriau faire ses valises pour le week-end, tout en sachant que le jugement sera mis en délibéré bien après la clôture des audiences.
Ce qui ressort avant tout des conversations, c’est une aspiration collective à la tranquillité. L’élection de Régis Juanico en mars a sonné comme une page tournée pour beaucoup. Trams gratuits, mutuelle communale, politique plus sociale : les projets du nouveau maire suscitent de l’intérêt. Mais une demande les résume toutes : plus de scandale.


