La présidente Margareth Stragier a souhaité revenir sur le circuit présumé des subventions transitant par les associations Agap et France-Lettonie pour rémunérer le barbouzage. Rossary-Lenglet a réaffirmé le montant convenu : 40 000 euros plus 10 000 euros en nature. C’est Samy Kéfi-Jérôme qui aurait proposé le recours aux subventions. Les deux hommes sont alors partis ensemble à la recherche d’associations acceptant le montage. Deux ont refusé. Les époux Giacomel, puis les Sabatier-Buil, ont accepté, les premiers espérant des faveurs municipales, les seconds cherchant à s’introduire dans le réseau de la mairie.
Sur la paternité de la décision d’utiliser la réserve du maire, Rossary-Lenglet est sans ambiguïté : seul Gaël Perdriau pouvait en disposer. L’exemple de Marc Chassaubéné, déjà cité en première instance, revient : le maire avait personnellement validé le déblocage des fonds après un blocage initial. Sans que Rossary-Lenglet ne désigne les associations et ne fournisse les fausses factures à la justice, le montage eût été totalement invisible.
Interrogé par l’avocat des victimes sur la capacité de Pierre Gauttieri à avoir monté seul le kompromat, Rossary-Lenglet est formel : jamais le directeur de cabinet n’aurait pris une initiative aussi lourde politiquement sans l’aval du maire. Il le décrit comme un exécutant zélé, dont la fidélité, liée à une culture militaire, ne s’est pas démentie même après son renvoi, continuant à se tenir disponible pour son « chef ». Sa responsabilité propre n’est pas niée pour autant : il reconnaît que tout le monde aurait pu dire non.
Joute verbale avec la défense, regrets envers les victimes
Face à Me Mallet qui évoque des témoins assurant que Rossary-Lenglet serait capable d’avoir tout inventé contre rémunération, ce dernier répète une dizaine de fois la même question rhétorique : « Ai-je fait volte-face ? » Interrogé sur ses liens avec Régis Juanico, il éclate de rire avant d’expliquer qu’il lui avait simplement demandé un contact journalistique en 2022, qui l’avait orienté vers Antton Rouget de Mediapart. Aucun complot, aucune instrumentalisation politique, tranche-t-il, non sans ironie envers les théories de la défense.
Pour la première fois depuis le début de l’affaire, Rossary-Lenglet a exprimé des regrets. Envers Gilles Artigues d’abord, et surtout envers sa famille, il a fallu le premier procès pour que sa femme, ses enfants, deviennent concrets. Envers Saint-Étienne ensuite, dont il mesure les dommages causés : « Gaël Perdriau était un maire qui était aimé. Les Stéphanois sont meurtris de la confiance qu’ils ont donnée à cet homme. »


