Le 11 juillet à 23 h 05, une équipe de la brigade anticriminalité effectue sa ronde de routine aux abords du centre de détention de Roanne lorsque les policiers aperçoivent un drone survolant puis pénétrant l’enceinte pénitentiaire. Les fonctionnaires remontent la trajectoire de l’appareil jusqu’au quai Pincourt, un lieu décrit à l’audience par la présidente Sabine Kadem comme une base de lancement habituelle pour les livraisons de colis vers la prison. À l’issue d’une course-poursuite, Amaury Tempier, 25 ans, est arrêté. Hugo Agullo, 22 ans, est débusqué un peu plus tard, dissimulé dans un camion où les enquêteurs mettent la main sur du matériel servant à confectionner des ballots. L’analyse de la carte SD du drone met en évidence cinq allers-retours entre le point de départ et l’établissement, avec des chargements composés d’alcool, de cigarettes et de 25 grammes de résine de cannabis.
Des commanditaires restés dans l’ombre
Face au tribunal, Amaury Tempier a affirmé avoir plié sous la pression d’un donneur d’ordre l’ayant approché via Snapchat. Son coprévenu a abondé dans le même sens depuis le box, évoquant des menaces implicites sur leur lieu de résidence et un message reçu par l’application Signal. Des justifications qui n’ont pas emporté l’adhésion de la présidente, laquelle a souligné que sans la coopération des prévenus, les enquêteurs ne peuvent identifier les véritables organisateurs. La procureure Sophie Marion a requis 18 mois d’emprisonnement contre Hugo Agullo, déjà condamné pour des faits comparables, et 12 mois contre Amaury Tempier, dont le casier judiciaire est chargé.
Douze mois ferme pour les deux prévenus
Après délibération, les deux jeunes hommes ont écopé chacun de 12 mois d’emprisonnement. Hugo Agullo a été maintenu en détention, tandis qu’Amaury Tempier a fait l’objet d’un mandat de dépôt avec exécution provisoire, assorti d’une interdiction d’entrer en contact avec son coprévenu durant trois ans.


