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Philippe Montanier n’a pas perdu de temps. En poste depuis seulement une semaine avant d’affronter Montpellier samedi, l’ancien entraîneur de Toulouse a immédiatement posé ses bases. Un ton ferme et du sourire, voilà comment résumer son approche managériale révélée dans une vidéo diffusée par le club.
Première mesure emblématique : l’interdiction des téléphones portables pendant les matinées d’entraînement à L’Étrat. Les joueurs doivent désormais déposer leur appareil dans une boîte conservée dans le bureau du coach. « OK ? Enfin je vous dis OK… Je ne vous demande pas votre avis, c’est comme ça », appuie-t-il dans cette séquence où on le voit également obliger les joueurs à porter des protège-tibias à l’entraînement, une pratique devenue inhabituelle dans le milieu professionnel.
Des sanctions renforcées pour les retards
Les retardataires n’échapperont plus à une simple amende. Désormais, ils devront également venir plus tôt le lendemain. « Je suis là à 7 heures, donc ça ne me pose pas de problème », prévient Montanier, qui pour l’instant installé à l’hôtel, ne compte pas ses heures pour découvrir un environnement bien différent de celui qu’il avait connu comme joueur en 1999-2000.
Un vestiaire remis au carré
À L’Étrat, le sexagénaire a découvert un vestiaire « pas nickel » et a donc forcé ses hommes à revoir leur rapport au rangement. « Je ne veux pas voir des chaussures qui traînent, etc. On a fait un peu le ménage là-dessus. Ce matin (jeudi), j’étais content parce que je suis arrivé dans le vestiaire, et là, c’était nickel », s’est-il félicité jeudi en conférence de presse.
La femme de ménage l’aurait même remercié, facilitant son travail quotidien. « Je ne peux pas fonctionner si ce n’est pas carré partout », assume le technicien normand, arrivé la voix légèrement éraillée après l’avoir « utilisée un peu plus que d’habitude ».
Papa poule malgré tout
Derrière cette apparence de père fouettard se cache aussi un entraîneur attentif à l’humain. Très avenant et à l’aise depuis sa prise de fonction, Philippe Montanier prend le temps de découvrir l’homme qui se cache derrière chaque joueur à travers des entretiens individuels.
« On veut bien les connaître, savoir d’où ils viennent, quelle est leur famille, s’ils ont des frères, des sœurs… Ce qu’ils attendent de nous et de moi en particulier. Et qu’ils n’hésitent pas à taper à ma porte, on est là pour eux », confie-t-il, tout sourire et en citant Coluche.
Une dynamique de fraîcheur à instaurer
Avec moins d’une semaine pour préparer son premier match, tout est allé très vite. Mais le coach a avant tout essayé d’instaurer une dynamique de fraîcheur dans un groupe apparu au bout du rouleau lors de ses dernières sorties.
Bonne nouvelle : il n’est pas seul dans cette mission puisqu’il arrive en même temps que quatre nouveaux joueurs (Kanté, Le Cardinal, Soumahoro, Paalberg). « C’est important d’avoir des joueurs qui n’ont pas connu cette période. Comme nous, avec Stéphane (Lièvre, son adjoint), ils ne sont pas impactés. Ils connaissent la situation, mais ils ne l’ont pas vécue dans leur chair. Ils arrivent avec de la fraîcheur. On arrive aussi avec beaucoup d’enthousiasme et d’optimisme. »
Un grand chantier tactique à mener
Toujours privé de cadres comme Lamba, Jaber, Bernauer et désormais Tardieu, le nouvel entraîneur des Verts doit également s’attaquer à un important chantier tactique. Au-delà de remettre les têtes à l’endroit et de transformer durablement les joueurs en guerriers, Montanier et son adjoint Stéphane Lièvre, qualifié de « spécialiste de la défense », ont du pain sur la planche.
Mais pour leur première, un seul mot d’ordre : « Victoire ! ». La forme n’est pas encore la préoccupation première pour ce coach réputé pour bien faire jouer ses équipes. « On a besoin de points, on est pragmatiques. On va essayer de trouver un bon équilibre parce que pour gagner, je pense qu’il faut quand même bien jouer. Mais plus on arrivera à engranger des points, plus la confiance reviendra, et ça nous aidera pour construire une dynamique positive. »
Un palmarès qui rassure
Les chiffres plaident en faveur du Normand : Philippe Montanier affiche 48% de victoires en Ligue 2 (86 sur 178 matches), le pourcentage le plus élevé pour un entraîneur ayant dirigé au moins 150 rencontres dans la division au XXIe siècle.
De quoi nourrir l’optimisme d’un groupe stéphanois qui a cruellement besoin de retrouver la rigueur et la confiance. Entre règles strictes et approche humaine, le pari de Montanier semble déjà séduire. Reste maintenant à transformer l’essai sur le terrain.

